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C’est une famille effondrée que nous avons rencontrée. Leur proche incarcéré à la prison de Mons a vu son état de santé se dégrader il y a deux mois, mais deux semaines avant le décès, les crises et les douleurs se sont intensifiées, le détenu crachait même du sang.
Mercredi, il est conduit à l’hôpital Ambroise Paré après des analyses il retourne en cellule en soirée, et il perd la vie quelques heures plus tard.
« Ils lui ont fait un baxter pour le réhydrater, après quoi il allait un peu mieux. Pendant deux mois il a demandé, ‘S’il-vous-plaît, aidez-moi, je crache du sang’. Il est tombé dans les pommes, il ne savait plus se laver lui-même. Les dernières heures, ils sont venus prendre son pouls. Donc, si on vient prendre le pouls de quelqu’un, c’est qu’on sait, qu’il va se passer quelque chose », déplore un proche du détenu, qui témoigne sous couvert d’anonymat.
Enquête en cours
« C’est quelqu’un de bien portant, très grand, légèrement en surpoids et là, on aurait dit qu’il venait du tiers-monde et qu’on n’était pas dans une prison belge », confie encore ce proche du détenu, sous le choc.
Nous avons contacté l’administration pénitentiaire, elle a réagi tout en précisant qu’elle ne commente pas les dossiers individuels.
« Nous déplorons le décès d’une personne détenue et présentons nos sincères condoléances à la famille. L’enquête est en cours et le parquet a été informé. C’est vers lui que nous orientons la communication externe ainsi que vers le SPF Santé publique », a écrit Valérie Callebaut, porte-parole de l’administration pénitentiaire.
« Aucun manquement » dans la surveillance
Pour le syndicat Sypol-EPI, le travail et le suivi effectué par les agents pénitentiaires ne sont pas à mettre en cause. « On a été directement trouver le chef surveillant en disant qu’il y avait quelque chose de pas normal, que l’infirmerie n’arrivait pas à soigner ce détenu. Donc du point de vue de la surveillance, du point de vue des agents, aucun manquement n’a été commis », certifie Jérôme Michez, vice-président Sypol-EPI.
« Maintenant, il est vrai qu’avec la surpopulation carcérale, c’est très compliqué. Tous les services en pâtissent, dont le service médical, qui est débordé sous les demandes », admet toutefois le représentant syndical.
Pour les proches du détenu, l’établissement pénitentiaire et l’hôpital n’ont pas joué leur rôle. Selon eux, ces derniers ont notamment tardé à prendre en charge la victime malgré ses douleurs à l’estomac.
« C’est une des pires de Belgique »
« La prison de Mons est une des pires de Belgique. Ok, il y a un sous-effectif, mais ici c’est une réelle non-assistance à personne en danger qui a eu pour conséquence la mort directe d’un jeune de 27 ans. Ce n’est pas comme s’il avait 80 ans et qu’il avait le cœur fragile… Non, 27 ans… », témoigne encore le proche de la victime.
Le détenu devait encore purger trois mois avant d’être libéré. Ses proches ont déposé plainte et se sont constitués partie civile.


















