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Ce matin sur bel RTL, Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, répondait aux questions de Martin Buxant. Le chef de la diplomatie belge était en direct de Washington et a réagi à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis. Il s’est d’abord réjoui que le chef d’État ne soit plus à la tête de son pays.
« Personne ne pleurera sur le sort réservé à monsieur Maduro, dont la légitimité n’a jamais été reconnue ni par la Belgique, ni par l’Union européenne, ni par d’autres pays. Quelqu’un qui a mené une politique tellement négative à l’égard de sa population que ces dernières années, pas moins de 8 millions de Vénézuéliens ont fui le pays. Et donc ce gangster proche des milieux du narcotrafic, c’est plutôt une bonne chose qu’il ne soit plus à la tête du Venezuela », a-t-il déclaré.
Pour un petit pays comme le nôtre, le bouclier du droit international est le meilleur garant de notre sécurité et notre prospérité
Maxime Prévot a cependant tenu à dénoncer la façon dont cela s’est passé. « Quant à la manière dont l’opération a pu être menée, évidemment, on ne va pas tourner autour du pot. Elle interpelle, elle questionne certainement un pays comme le nôtre, défenseur historique du droit international. Pour un petit pays comme le nôtre, qui n’est pas une puissance économique ni une puissance militaire, le meilleur rempart contre tous les excès, le bouclier du droit international est le meilleur garant de notre sécurité et notre prospérité. »
Il entend rappeler « pourquoi le droit international est aussi important, pourquoi il convient de continuer à la défendre, pourquoi ce qui s’est produit au Venezuela ne peut être qu’une exception et certainement pas servir de précédent à d’autres grandes puissances qui pourraient peut-être avoir des objectifs moins louables demain », a-t-il expliqué.
« On doit éviter de violer comme ça les règles internationales »
Ce message, Maxime Prévot compte bien le faire passer à ses interlocuteurs aux États-Unis, où il se trouve cette semaine. « Je leur explique qu’effectivement, ça pose de sérieuses questions et que ça perturbe non seulement les Européens mais d’autres pays à travers le monde. J’explique pourquoi ça perturbe, bien entendu pas parce qu’il y a une remise en cause de la finalité. Déloger un gangster comme M. Maduro était certainement louable et c’est une bonne chose qu’il les soit dégagé de ses responsabilités. À l’inverse, on doit éviter de violer comme ça les règles internationales qui régissent notre manière de fonctionner au niveau mondial, sans quoi demain ça risquera de créer des difficultés pour des pays à taille moyenne comme la Belgique », a-t-il conclu.

















