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« La violence, c’est l’ADN de ce régime » : la détresse des Iraniens de Belgique qui assistent, impuissants, aux massacres dans leur pays

Par RTL info
Depuis la Belgique, un Iranien observe avec effroi la répression sanglante qui frappe son pays. Il appelle la communauté internationale à enfin agir face à ce qu’il décrit comme « un massacre ».

Installé en Belgique depuis plusieurs années, cet Iranien, que nous garderons anonyme pour des raisons de sécurité, suit heure par heure les nouvelles venues de son pays. « La situation est extrêmement grave, dit-il. On découvre au fur et à mesure des milliers de morts. La violence, c’est l’ADN de ce régime. » Selon les ONG Iran Human Rights et HRANA, entre 3 000 et plus de 20 000 manifestants auraient été tués lors de la répression des dernières semaines. Amnesty International parle d’un « massacre », tandis que l’ONU se dit « horrifiée » par l’ampleur de la violence.

L’homme ne croit plus en la possibilité de réforme. « C’est un régime théocratique, sanguinaire, qui n’est pas réformable. Tant que cet individu, le guide suprême, sera vivant, aucun changement ne peut intervenir. »

Internet coupé, la peur en permanence

L’Iranien décrit une atmosphère de terreur. « Les gens vivent dans une ambiance effrayante. Ils ont peur. L’internet est coupé, même le téléphone par moments. » La coupure des réseaux complique toute vérification des bilans humains : les ONG parlent de chiffres « probablement bien au-delà des milliers de morts ».

« On ne peut pas avoir d’informations précises, sauf dans certaines situations », déplore-t-il. Dans cette obscurité numérique, les familles des victimes tentent de récupérer les corps de leurs proches. Certaines, selon BBC Persian, doivent payer des milliers de dollars aux autorités pour obtenir les dépouilles. D’autres prennent d’énormes risques pour entrer de force dans les morgues et éviter les enterrements clandestins.

« Le silence de la communauté internationale est choquant »

Face à ces atrocités, notre interlocuteur s’indigne du manque de réaction internationale. « C’est choquant le silence de la communauté internationale. Dire qu’on condamne fermement, ça n’a aucun sens. Ce n’est pas la première fois qu’on condamne, mais cette fois-ci, c’est le massacre. »

Il réclame l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante sous l’égide de l’ONU. « Si l’ONU est incapable d’envoyer une commission d’enquête, alors à quoi sert-elle ? » Il rappelle que les Iraniens n’attendent pas une intervention militaire, mais un geste concret : « Quelques frappes ciblées contre les centres du régime, c’est symbolique, mais cela donnerait du courage au peuple. »

« Les Iraniens ont besoin d’aide de l’extérieur »

Pour cet Iranien, le temps des déclarations est passé. Il supplie la communauté internationale de cesser de « fermer les yeux » : « Les Iraniens ont besoin d’une aide qui vient de l’extérieur. Au moins, qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. »

Alors que la répression se poursuit dans un pays coupé du monde, son appel sonne comme un cri d’alarme. « Tant que ce régime sera debout, aucune paix ne sera possible en Iran. »

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