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La tension entre les États-Unis et l’Iran a soudainement baissé hier, après des jours de forte inquiétude. Donald Trump a affirmé que les exécutions de manifestants en Iran avaient cessé. Cette annonce intervient alors que le pays connaît une répression qui, selon des observateurs, figurerait parmi les plus meurtrières depuis la révolution islamique de 1979.
Depuis lundi, les manifestations contre le régime iranien ont progressivement décliné, sous l’effet d’une réponse impitoyable des autorités. Les gardiens de la révolution n’ont pas hésité à tirer à balles réelles en visant la tête. Des scènes choquantes ont émergé : des cadavres entassés hors des hôpitaux, des familles forcées de payer pour récupérer les corps. Certaines ONG évoquent un bilan de 10 000 morts en seulement quelques jours.
Dans l’histoire récente de l’Iran, les soulèvements populaires ont été nombreux : en 2009 contre une élection contestée, en 2019 lors de la hausse du prix des carburants, ou encore en 2022 avec le mouvement « Femmes, Vies, Libertés ». Ces révoltes ont toujours été écrasées par une répression brutale orchestrée par les gardiens de la révolution, une organisation militaire clé disposant de 150 000 hommes et soutenue par les Bassidjis, un corps de réservistes dévoués au régime.
Des mobilisations venues du Moyen-Orient
Malgré les contestations, le régime iranien conserve des bases solides. Les funérailles organisées mercredi à Téhéran pour des gardiens de la révolution ont rassemblé des milliers de partisans brandissant des drapeaux et des portraits du guide suprême Ali Khamenei. Cette loyauté enracinée témoigne d’un soutien non négligeable au régime en place.
Sur le plan diplomatique, plusieurs acteurs régionaux se sont mobilisés pour éviter toute intervention militaire américaine, qui semblait imminente mercredi. Selon le Wall Street Journal, l’Arabie saoudite, Oman et le Qatar ont activement plaidé auprès de la Maison Blanche pour désamorcer la situation. Leurs raisons sont purement pragmatiques : éviter une déstabilisation de la région qui pourrait provoquer une chute des prix du pétrole.
Une opposition morcelée
La Turquie également a exprimé ses craintes. Erdogan redoute qu’une chute du régime iranien n’entraîne un éclatement du pays et la création d’un bastion kurde près de ses frontières.
Cependant, un facteur essentiel contribue à la survie du régime iranien : l’absence d’une opposition unifiée et d’un leader incontesté. Si les manifestants ont exprimé leur opposition au pouvoir, l’absence de direction claire rend encore improbable une véritable transition politique en Iran.
















