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« On peut craindre un embrasement » : Maxime Prévot redoute un effet domino au Moyen-Orient

par RTL info
La crise au Moyen-Orient bloque des milliers de Belges dans la région. Maxime Prévot appelle à la patience, mais redoute un « embrasement ».

Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, appelle les Belges présents au Moyen-Orient à la prudence et à la patience alors que la région est secouée par une nouvelle escalade militaire, la fermeture du détroit d’Ormuz et des tirs de missiles iraniens. Il assure que la Belgique suit la situation « heure par heure ».

Des milliers de Belges concernés, une cellule de crise activée

D’emblée, Maxime Prévot confirme que « plusieurs milliers » de Belges se trouvent actuellement dans la région, « beaucoup de binationaux » mais aussi « quelques touristes ». Il rappelle l’importance de s’enregistrer sur la plateforme Travellers Online du SPF Affaires étrangères afin de pouvoir « informer chacun » et « diffuser les bons canaux d’information » en cas de crise.

Une cellule de crise s’est déjà réunie ce samedi. « Nous suivons évidemment cela avec beaucoup d’attention, heure par heure », insiste le ministre, qui annonce aussi l’ouverture d’une ligne spéciale et invite « toutes les familles concernées » à se manifester auprès des ambassades.

« Pas de capacité d’évacuation aérienne possible pour l’instant »

Interrogé sur les demandes de familles inquiètes, le ministre reconnaît recevoir « beaucoup de messages de familles préoccupées et inquiètes ». « À ce stade, il n’y a pas de capacité d’évacuation aérienne possible », souligne-t-il. Les espaces aériens des pays de la région sont fermés et « on ne peut pas prendre de risque », explique-t-il. Prévot appelle donc les Belges sur place à « prendre leur mal en patience », à suivre scrupuleusement les consignes de sécurité locales. Il annonce par ailleurs une visioconférence dès demain avec ses homologues européens pour voir s’il faut « organiser de manière concertée des évacuations particulières » si la situation l’exige.

Éviter l’embrasement

Sur le plan géopolitique, Maxime Prévot ne cache pas ses préoccupations. Il souligne qu’« aucun risque ne peut être évacué » alors que la région est le théâtre d’un « échange d’armes lourdes avec des victimes qui commencent à être comptabilisées » et que le détroit d’Ormuz est fermé, une artère vitale pour le trafic pétrolier mondial. « Il faut éviter au maximum un embrasement de la région », martèle-t-il, tout en rappelant que la Belgique est « historiquement défenseur du respect du droit international » et qu’« on peut se poser certaines questions » sur les attaques américaines.

Le ministre pointe surtout « de sérieuses préoccupations quant à la manière dont le régime iranien agit depuis plusieurs mois, si pas plusieurs années », évoquant les répressions internes, le soutien « à une série de groupes terroristes dans la région » et le risque de voir Téhéran accéder à l’arme nucléaire.

Le ministre pointe surtout « de sérieuses préoccupations quant à la manière dont le régime iranien agit depuis plusieurs mois, si pas plusieurs années », évoquant les répressions internes, le soutien « à une série de groupes terroristes dans la région » et le risque de voir Téhéran accéder à l’arme nucléaire.

La crainte d’un « effet domino » dans la région

À la question d’un « véritable embrasement » au Moyen-Orient, le chef de la diplomatie belge admet qu’« on peut craindre un embrasement » si les pays actuellement visés par les tirs iraniens, parce qu’ils hébergent des forces américaines, « commençaient eux-mêmes à riposter violemment ». Il dit avoir été « en contact avec plusieurs de [ses] homologues » dans la région et estime qu’« actuellement, ils réfrènent leurs ardeurs pour éviter justement cette escalade ». Mais « les heures qui viennent, les jours qui viennent vont nous enseigner » si cette retenue peut tenir, prévient-il. Une succession de ripostes pourrait enclencher « un phénomène qui irait en domino » et « créer un embrasement total de cette région extrêmement sensible », avertit Prévot, tout en réaffirmant que la Belgique reste « à l’affût, heure par heure » et prête à « déployer les plans d’intervention et d’urgence nécessaires » pour ses ressortissants

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