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Iran : les gardiens de la révolution sont désormais un groupe terroriste pour l’Europe, qui porte ses sanctions à 247 personnes et 50 entités

par RTL info avec Serge Vermeiren
L’Union européenne a placé jeudi le corps des gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes, en raison de la répression meurtrière des manifestations contre le régime des mollahs en Iran. Elle a également placé jeudi 15 hauts responsables iraniens et 6 organismes sur sa liste des sanctions.

« La répression ne peut rester sans réponse. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant les Gardiens de la révolution iraniens comme une organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte », a écrit la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur les réseaux sociaux.« Si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel », avait-elle lancé peu avant le début de la réunion de 27 ministres des Affaires étrangères à Bruxelles ce matin.

Les gardiens de la révolution, c’est l’armée, la branche militaire idéologique, du régime des mollahs. Elle est donc rangée dans la même case qu’Al-Qaïda, Daesh ou le Hamas. Une position déjà prise par les États-Unis en 2019.

Cette armée à la solde du régime iranien est responsable des répressions sanglantes enregistrées ces dernières semaines face aux manifestations d’opposition. On parle d’un bilan de plusieurs dizaines de milliers de morts, même s’il est difficilement chiffrable au vu du peu d’informations qui filtrent depuis l’Iran.

L’Iran avait mis en garde avant l’adoption de cette mesure contre des « conséquences destructrices » si l’UE prenait cette décision.

Pourquoi maintenant ?

Cette décision, qui devait être prise à l’unanimité, a été rendue possible par le revirement de la France mercredi soir. Elle est de nature essentiellement symbolique, puisque le corps des gardiens de la révolution est déjà sanctionné par l’UE pour violations des droits de l’homme. Mais plusieurs États étaient réticents à placer cette agence d’État sur la liste terroriste de l’UE en raison de la détention de ressortissants, dans le cadre de la diplomatie des otages pratiquée par Téhéran.

Soutenu par la Belgique

La Belgique, aux termes de l’accord de coalition de son gouvernement fédéral, soutenait cette inscription sur la liste des organisations terroristes, avait rappelé le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à son arrivée à la réunion, « et certainement à la lumière des atrocités de la répression des dernières semaines ».

Des mesures prises contre des personnes précises

Vingt-et-une nouvelles personnes et entités (15 hauts responsables iraniens et 6 organismes) sont également désormais ciblés par des sanctions. Les sanctions de l’UE liées aux violations des droits de l’homme en Iran s’appliquent désormais à un total de 247 personnes et 50 entités. Elles consistent en un gel des avoirs, une interdiction de voyager dans l’UE et une interdiction de mettre des fonds à la disposition des personnes et entités listées. qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.

Parmi les nouvelles personnes placées sous sanctions figure le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni. Ce dernier supervise les forces de l’ordre iraniennes, qui sont « responsables de violations flagrantes et graves des droits de l’homme dans le pays », indique l’UE dans son Journal officiel. Eskandar Momeni exerce également la fonction de commandant en chef adjoint du corps des gardiens de la révolution islamique. L’UE sanctionne aussi des membres du système judiciaire iranien, dont le procureur général de l’Iran Mohammad Movahedi-Azad. D’autres commandants du corps des gardiens de la révolution islamique et officiers supérieurs de police sont listés également, comme le chef de la police Seyed Majid Feiz Jafari.

Parmi les organismes ciblés figurent l’autorité iranienne de régulation des médias audiovisuels, ainsi que des sociétés de logiciels et des autorités de contrôle d’internet et des télécommunications.

Une interdiction d’exporter vers l’Iran des équipements susceptibles d’être utilisés à la répression interne, comme des équipements de surveillance des télécommunications, est également en vigueur.

D‘autres mesures liées à l’aide iranienne envers la Russie

D’autres sanctions ont été décidées ce jeudi pour le soutien de l’Iran à l’invasion russe de l’Ukraine. Quatre individus et six entités ont été listés, avec un accent sur les programmes iraniens de drones et de missiles. Ceci porte à respectivement 24 et 26 le nombre d’individus et d’entités sanctionnés de la sorte. L’interdiction de vendre et de transférer à l’Iran du matériel servant à la fabrication de drones et de missiles a en outre été étendue à diverses composantes.

L’armada américaine en route, l’Iran se prépare

Parallèlement, une armada maritime navale américaine se dirige vers l’Ivan pour une éventuelle attaque aérienne. Donald Trump l’a rappelé hier : l’heure est comptée et si frappes militaires il y a, elles seront bien pires que celles qu’il avait ordonnées en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Après les déclarations du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi affirmant que les forces armées avaient « le doigt sur la gâchette », le chef de l’armée Amir Hatami a annoncé avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones. Face aux « menaces auxquelles nous sommes confrontées », l’armée a pour « priorité de renforcer ses atouts stratégiques en vue d’une riposte rapide et écrasante à toute invasion et attaque », a déclaré le général, cité par la télévision d’État. L’Iran a notamment menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

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