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Ils filment les dealers et les dénoncent à la police: des habitants de Saint-Gilles prennent les choses en main, mais est-ce utile?

Des habitants excédés par le trafic de drogue dans leur quartier de Saint-Gilles ont décidé de prendre les choses en main. Ils filment les dealers en action et envoient les vidéos à la police, comme le rapporte Het Laatste Nieuws. Mais cette initiative citoyenne a-t-elle un réel impact?

Une quinzaine d'habitants ont formé un groupe d'action et créé un groupe WhatsApp avec un policier comme contact privilégié. Chaque jour, ils envoient des vidéos de dealers pris en flagrant délit, afin de faire bouger les choses, à leur échelle. Ils espèrent palier le "laxisme de la justice" et du manque de résultats concrets.

La police reconnaît les difficultés à appréhender les dealers, souvent mineurs, sans papiers ou les deux. "Nous devons respecter les règles", explique Sarah Frederickx de la police de Bruxelles-Midi. "Nous ne pouvons pas fouiller les mineurs sans motif valable, et les dealers le savent bien." Même en cas d'arrestation, les mineurs sont rapidement relâchés dès que leurs parents se présentent au poste de police. Quant aux dealers sans papiers, ils sont souvent sous le coup d'une ordonnance d'expulsion, mais les centres d'accueil sont saturés. "La police ne peut rien faire", déplore Sarah Frederickx, à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

Impact limité

Si la police reconnaît l'importance de la collaboration citoyenne pour identifier les dealers et les lieux de trafic, elle met en garde contre les risques de cette initiative. "Il y a de plus en plus d'affrontements armés, le monde de la drogue est dangereux", prévient Sarah Frederickx. "Nous devons éviter que cela ne dégénère en milices privées. Le travail de la police doit rester entre les mains de la police."

Malgré leurs efforts, les habitants se sentent impuissants face à l'inaction des autorités. "Nous ne supportons plus de vivre dans un quartier invivable", témoigne un habitant dans La Capitale. "Nos voitures et nos boîtes aux lettres sont vandalisées, les dealers sont armés de couteaux... Ils se moquent de la police", conclut-il.

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