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Le torchon brûle entre Bill White et nos politiques : l’ambassadeur américain doit rencontrer Maxime Prévot ce mardi matin

Une réunion devrait avoir lieu mardi à 11 heures entre l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, et le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot.

L’ambassadeur américain Bill White va rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot ce mardi à 11 heures, révèle De Morgen. Selon l’ambassadeur, cette réunion a eu lieu à sa demande. « Nous travaillerons à désamorcer ces tensions et à poursuivre notre excellente relation », déclare-t-il au quotidien flamand. Le cabinet de Maxime Prévot, de son côté, n’a pas confirmé la tenue de cette réunion.

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Capture vidéo HLN

Le ministre devrait fournir davantage de précisions plus tard dans la journée puisqu’il sera attendu à la Chambre pour la commission des relations extérieures.

Cela fait plusieurs jours que le torchon brûle entre le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke et l’ambassadeur américain Bill White, en poste à Bruxelles depuis la fin 2025, et l’un des donateurs de la campagne de Donald Trump à la présidentielle. Ce lundi, le Premier ministre Bart De Wever en est même venu à appeler le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à prendre les mesures nécessaires. « Ce que je vais lui dire, je ne vous le dirai pas. Mais c’est à M. Prévot qu’il incombe d’agir dans cette affaire. »

Le est le problème ? Le 16 février dernier, Bill White s’en est directement pris au ministre socialiste, l’appelant à mettre fin aux poursuites éventuelles contre les trois mohels (des circonciseurs rituels juifs, NdlR). Bill White parle d’antisémitisme et de persécution. Il reproche également au ministre belge d’avoir refusé de lui serrer la main et de poser avec lui sur une photo. « Il est clair que vous détestez l’Amérique, le pays qui s’est battu et où des dizaines de milliers de fils de notre nation sont morts deux fois pour la liberté de la Belgique, pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale », a-t-il notamment indiqué.

Le président de Vooruit, Conner Rousseau, n’a pas tardé à défendre son ministre. « Je n’accepte pas ses insultes à l’égard de notre pays et de notre gouvernement », a-t-il déclaré. Et le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, de convoquer l’ambassadeur, jugeant ses déclarations « inacceptables ». Qu’importe : Bill White persiste et signe. Pour lui, « il s’agit clairement d’antisémitisme ». Et si les Affaires étrangères affirment avoir rappelé à l’ambassadeur américain les limites de ses fonctions lors d’un entretien mardi dernier, l’ambassadeur a pour sa part déclaré à la presse qu’il n’avait pas l’impression d’avoir été rappelé à l’ordre et que des excuses n’étaient pas nécessaires. « Je suis très heureux de cette rencontre, j’aime la Belgique. Je crois sincèrement qu’ils prennent mon implication personnelle dans cette affaire au sérieux ».

De Wever réagit et défend les politiques belges

De son côté, le Premier ministre Bart De Wever est sorti du silence pour prendre position et défendre notre classe politique face à l’attitude de Bill White. « En matière de relations diplomatiques, il appartient au ministre des Affaires étrangères d’évaluer précisément le déroulement du mandat d’un ambassadeur dans notre pays », a-t-il déclaré. « Je ne pense pas qu’il soit du rôle d’un ambassadeur de constamment s’immiscer dans la politique nationale. »

Bart De Wever a également pointé les différences de culture diplomatique entre les deux pays, rappelant que les États-Unis envoient souvent des proches du président, parfois porteurs d’opinions politiques marquées. Il juge toutefois la stratégie actuelle contre-productive : « C’est absurde, complètement absurde. Il y a l’indépendance de la justice et la liberté d’expression. Y associer des sanctions diplomatiques, c’est du jamais vu. »

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