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« Quand il n’y a plus d’argent, on rogne sur les repas, les horaires… » : le secteur de la Petite Enfance répond aux propos rassurants de la ministre Lescrenier sur la baisse redoutée de l’offre des places en crèche

par RTL info avec Belga
Le secteur de l’accueil de l’enfance manifeste pour dénoncer les coupes budgétaires prévues en 2026. Il alerte sur des impacts majeurs : baisse de la qualité, fermetures possibles, pertes d’emplois et menace sur l’accès des familles à une place en crèche.

Le secteur de l’accueil de l’enfance a manifesté ce mardi matin le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) pour dénoncer les coupes budgétaires annoncées en 2026 et exiger un refinancement urgent. Les interlocuteurs sociaux (FILE, Unessa, CNE, CSC-SP, CGSP, Setca, CGSLB, SLFP-ALR), plusieurs coordinations de services (FSMI, Cosege, FFEDD) ainsi que des acteurs de la société civile, dont la Ligue des familles, Soralia et Vie Féminine, se sont unis pour porter un même message : « le secteur ne peut plus absorber de nouvelles économies ».

Dès 09h00, une délégation a assisté à la commission parlementaire consacrée à l’évolution du nombre de places d’accueil en 2024, où la Cour des comptes présentait son rapport. Leur présence devait illustrer, face aux députés, les « impacts catastrophiques » que pourraient avoir les 74 millions d’euros d’économies annoncées par la FWB, dont 8 millions liés à la non-indexation des subsides de l’ONE. Sur le parvis, les témoignages se sont succédé, exprimant une inquiétude unanime quant à l’avenir du secteur.

La Ligue des Familles soutient

« Nous sommes venus soutenir ce mouvement car chaque restriction budgétaire se traduit en perte de qualité, en pression sur les équipes et, au final, en obstacles pour les familles », explique Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des familles. « On défend le droit de chaque enfant à une place en crèche. Aujourd’hui, on craint que les parents soient forcés de compenser financièrement ou qu’ils voient leur accès diminué. »

Cette inquiétude est partagée par les organisations syndicales. Pour Stéphanie Paermentier, secrétaire nationale CNE non marchand, le message au gouvernement est clair : « On vous regarde. La situation est désespérée. Depuis des années, on demande un refinancement massif. Et aujourd’hui, on nous annonce des coupes qui vont provoquer licenciements, fermetures et disparition de centaines de places. Contrairement à ce qu’affirme la ministre Valérie Lescrenier, le risque de diminution de l’offre est réel. » Elle ajoute que la baisse annoncée pèsera aussi sur la qualité : « Quand il n’y a plus d’argent, on rogne : sur les repas, sur les horaires, sur tout ce qui constitue un accueil digne. »

Du côté du CGSLB, le constat est similaire. « On vient dire tout le mal de ces économies qui auront un effet cascade sur l’ensemble du secteur », avertit son responsable non marchand, Éric Dubois. « Cela touchera à la fois le nombre de places et le taux d’encadrement, alors que les équipes sont déjà épuisées. »

Les organisations rappellent que le secteur est déjà fragilisé par la pénurie de personnel, des conditions de travail dégradées et un sous-financement structurel. La remise en cause du passage au taux d’encadrement de 1,5 pour 7 enfants accentue encore la tension. Les conséquences évoquées – réduction des horaires, hausse du coût pour les parents, perte d’emplois, surcharge du personnel et fermetures possibles – toucheraient d’abord « les jeunes enfants, le public le plus vulnérable ».

La mobilisation a également fait réagir dans l’hémicycle. Pour Martin Casier, chef de file PS, la manifestation illustre « des inquiétudes énormes » : « Des centaines de places sont en danger, des dizaines de travailleuses pourraient être licenciées. Il est temps que le gouvernement sorte de sa tour d’ivoire et entende le terrain. »

La présidente de DéFi, Sophie Rohonyi, présente au rassemblement, va dans le même sens : « On bafoue les droits des puéricultrices, des parents et surtout des enfants. MR et Engagés avaient promis une revalorisation. On obtient l’inverse : une politique qui menace l’accueil et ceux qui le font vivre. »

Les organisations ont prévenu qu’elles « ne relâcheront pas la pression » tant que le gouvernement n’aura pas revu sa trajectoire budgétaire.

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