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Des milliers de places en crèche pourraient bientôt disparaître. Une perspective qui inquiète vivement les services d’accueil de la petite enfance. Ils alertent sur les coupes budgétaires décidées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, estimant qu’elles pourraient asphyxier financièrement des dizaines de structures. Une préoccupation partagée par le délégué général aux droits de l’enfant. Il rappelle que les crèches ne sont pas de simples lieux de garde : les mille premiers jours de la vie d’un bébé sont déterminants pour son développement. Réduire les investissements dans la petite enfance, prévient-il, reviendrait à fragiliser toute la société.
Les mille premiers jours de la vie d’un bébé sont une période cruciale, selon les neuroscientifiques. Le cerveau se développe énormément. 700 nouvelles connexions neuronales ont lieu chaque seconde. « Le cerveau va tripler de volume entre la naissance et l’âge de 2 ans, explique Chloé Geerts, neuropédiatre aux cliniques universitaires Saint Luc. Quand on mesure le périmètre crânien, il va passer de 35 cm à 48-49 cm. Et en plus de ce changement de volume, on va avoir énormément de connexions qui vont se créer entre les différents neurones ».
Ce développement détermine les futures compétences de l’enfant Au niveau de la motricité, du langage, de la gestion de ses émotions et de ses interactions avec les autres, le bébé a besoin de stimulation. « Il ne faut pas non plus une surstimulation, souligne Chloé Geerts. C’est-à-dire que ces interactions que le bébé va avoir, c’est vraiment les interactions du quotidien. Il ne faut pas du matériel particulier, il ne faut pas passer des heures à tout prix à vouloir stimuler son bébé. Mais simplement, quand on lui donne le sein ou le biberon, lui sourire, quand il va émettre des sons, émettre des sons en retour, lui parler ».
Pour le délégué au droit de l’enfant, c’est un très mauvais calcul de réduire les investissements dans la petite enfance. « On sait qu’un euro investi dans le milieu d’accueil, c’est entre 7 et 15 euros gagnés sur le long terme, explique Solayman Laqdim, délégué général aux droits de l’enfant. Donc oui, c’est très rentable, c’est un vrai investissement, mais on voit le bénéfice sur le long terme ». Un enfant qui grandit dans un environnement sécurisé aura également 2 à 5 fois moins hospitalisé au cours de sa vie.















