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La Cour des comptes lance une alerte sur le budget fédéral.
Elle concerne la compensation prévue pour les CPAS après la réforme du chômage. Le gouvernement aurait sous-estimé les montants nécessaires pour compenser la fin du chômage. Les fonds alloués pourraient très vite s’avérer insuffisants.
Selon le gouvernement, un tiers des chômeurs de longue durée va retrouver de l’emploi, un deuxième tiers deviendra bénéficiaire du revenu d’intégration et le dernier tiers disposera de moyens propres suffisants.
Des chiffres sous-estimés
Mais les chiffres récents montrent que la part de chômeurs qui basculent vers le revenu d’intégration a été sous-estimée. Nous vous en parlions déjà il y a deux semaines dans l’un de nos reportages, et la Cour des comptes le confirme. Dans les grandes villes, 40 à 50 % des chômeurs qui perdent leur allocation introduisent une demande de revenu d’intégration.
La compensation de 300 millions d’euros octroyée aux CPAS suffira donc pour 2026, mais ce ne sera plus le cas les années suivantes. Les dépenses s’élèveront à plus de 700 millions d’euros en 2029.
Il n’est pas certain non plus que l’hypothèse selon laquelle un tiers des chômeurs retrouve un emploi soit réellement réalisable, notamment en raison de l’inadéquation entre l’offre et la demande de main-d’œuvre. En Wallonie, on compte 272.000 chômeurs, contre seulement 38.000 offres d’emploi.
Selon la Cour des comptes, d’autres mesures reposent également sur des estimations incertaines : la taxe sur les plus-values, qui dépend de l’évolution des marchés boursiers, ou encore la réforme de la TVA, dont une large part est tombée à l’eau il y a quelques jours.

















