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À 11 ans, il saute du train de la mort et échappe aux nazis qui lui tirent dessus : « J’ai couru toute la nuit dans les bois »

par RTL info
Simon Gronowski, rescapé d’Auschwitz, est un homme au parcours hors du commun. À 94 ans, avocat et musicien, il raconte comment, à 11 ans, il a sauté du train de la mort.

Rescapé d’Auschwitz, avocat et musicien, Simon Gronowski, 94 ans, vient de publier « Plaidoyer pour la paix ». Invité par Luc Gilson et Christophe Deborsu dans RTL info Signatures, il a accepté de revenir sur un épisode fondateur de sa vie : ce jour où, à l’âge de 11 ans, il échappe à la déportation vers Auschwitz en sautant du train de la mort.

Le saut d’une vie

Le 19 avril 1943, Simon et sa mère sont entassés dans un wagon, en route vers l’extermination. Alors que le convoi ralentit, sa mère l’encourage : « Au début, j’étais sur un marchepied. Ma mère me tient solidement par les vêtements et les épaules. Je n’ose pas sauter parce que le train roule vite. Mais à un moment donné, il a ralenti. Ma mère m’a lâché, j’ai sauté. »

Simon reste debout au bord de la voie, dans la nuit. « J’attendais que ma mère me rejoigne. » Mais elle n’a pas pu sauter : « Ma première idée était de remonter dans mon wagon, pour la retrouver… Dans un éclair incompréhensible, j’ai tourné à gauche et j’ai commencé à courir ». Des soldats allemands tirent des coups de feu dans sa direction, sans parvenir à l’atteindre. « J’ai couru toute la nuit dans les bois et dans les champs ».

Sauvé par le courage d’un gendarme belge

Simon est recueilli à l’aube par une femme qui lui offre vêtements et nourriture, puis il est aidé par le gendarme Jean Aerts : « Il ne m’a pas dénoncé. Si les nazis avaient su qu’un gendarme belge avait protégé un enfant juif évadé, ils l’auraient fusillé. » Simon rejoint Bruxelles, où il sera caché par des familles catholiques pendant 17 mois. « Elles m’ont traité comme leur enfant. »

Un silence de soixante ans

Simon Gronowski restera muet sur son histoire pendant près de soixante ans. « Je n’ai pas parlé de tout ça, je craignais d’embêter les gens… et je devais surtout construire ma vie ».

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