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L’illettrisme est une réalité qui touche encore beaucoup d’adultes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela se manifeste notamment par des difficultés à lire, et à écrire, qui impactent la vie quotidienne à plusieurs niveaux.
Faire ses courses, lire une étiquette, comparer les prix : autant de gestes simples pour beaucoup. Mais pour Gwendolyn, 22 ans, chaque passage au supermarché est un défi. En effet, la jeune femme est illettrée. Dans les rayons, elle se débrouille donc comme elle peut.
Perte de repères et difficultés
« Par exemple, c’est le caramel. Je sais que c’est ça, parce qu’il y a une couleur. Ça, c’est orange, ça c’est brun et ça, c’est un petit peu beige. Je vais me reconnaître avec toutes ces couleurs », explique la jeune femme qui se repère à l’aide d’éléments visuels tels que les couleurs.
Pour elle, changer de magasin, c’est perdre tous ses repères : « Ça va être un petit peu compliqué. Mais ça va, je me débrouille bien. Si je connais le magasin, il n’y a pas de souci, on peut me lâcher, je n’ai pas peur », affirme-t-elle.
De son côté, Romain, 48 ans, fait face aux difficultés administratives. Son illettrisme l’empêche notamment de trouver un emploi rapidement. « C’est très compliqué parce que si je n’ai pas les atouts et assez de compétences, ce n’est pas trop bon », déplore-t-il.
Apprendre en dehors du cadre traditionnel
Pour aider Gwendolyn et Romain, des solutions existent. Céline Chapelle est formatrice en alphabétisation à la FUNOC de Charleroi. Loin du cadre traditionnel, elle apprend la lecture et l’écriture à des adultes.
Mais elle insiste : « C’est de l’accompagnement, ce n’est pas du tout l’école. D’ailleurs, nous nous appelons les formateurs, et ce sont nos stagiaires, pas nos élèves. De plus, il n’y a pas de programme type. On accompagne simplement, et on les aide un peu dans tout », explique-t-elle.
S’accrocher à des habitudes
Ce que constate surtout Céline, c’est que ses apprenants s’accrochent à leurs habitudes. « Ils choisissent des choses basiques et simples pour eux. Ils font maison-école-magasin, maison-école-magasin. Ils vont toujours là où ils sont habitués », explique-t-elle.
« Par exemple, ils prennent toujours le même bus parce qu’ils n’osent pas demander aux gens quel bus prendre pour aller ailleurs », illustre la formatrice.
L’illettrisme est une réalité souvent invisible qui impacte chaque action du quotidien. En Fédération Wallonie-Bruxelles, un adulte sur cinq éprouve des difficultés d’écriture ou de lecture.















