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Ils viennent des quatre coins de la Wallonie et ne comptent pas rester silencieux. Ce jeudi matin, près de 120 tracteurs et plusieurs centaines d’agriculteurs se sont rassemblés à Namur, à l’initiative de la Fédération des Jeunes Agriculteurs (FJA). Un nouveau coup de pression, quelques jours seulement après d’autres mobilisations en Europe.
« On ne mourra pas en silence, ça non », lance Laurent Noël, agriculteur. Si le dossier du Mercosur a cristallisé les tensions ces dernières semaines, ce n’est pas lui qui est au centre des revendications du jour. « Le Mercosur est passé, on le regrette, mais ici d’autres sujets sont sur la table », précise Adrien Deblonde, vice-président de la FJA.
Le principal point de crispation concerne la nouvelle politique de réduction des pesticides et de protection des captages d’eau. La mesure prévoit l’interdiction d’utiliser des engrais organiques dans les zones proches de ces captages, ce qui impacterait environ 20.000 hectares de terres agricoles en Wallonie, selon la FJA. « Il (Yves Coppieters, ministre de la Santé et de l’Environnement, NDLR) veut protéger les captages d’eau, je l’entends, c’est très bien. Mais nous, on a besoin d’alternatives pour continuer à produire et à exister », alerte Pierre André, exploitant.
Revenus, TVA, accès à la terre : des revendications multiples
Au-delà des contraintes environnementales, les manifestants demandent :
- Un revenu décent pour les agriculteurs ;
- L’allègement des charges administratives, promis il y a un an, mais toujours pas concrétisé ;
- Le retrait de la hausse de TVA sur les soins aux cultures, qui passerait de 12 % à 21 %, jugée incompréhensible en pleine période d’inflation.
Autre revendication portée par la FJA : un accès facilité à la terre agricole, devenu de plus en plus difficile. « C’est extrêmement compliqué d’y accéder, que ce soit par l’achat ou la location », explique Guillaume Van Binst, secrétaire général de la FJA. « On demande au gouvernement de réserver prioritairement cet outil de production essentiel aux agriculteurs. »
Réunion avec le ministre
En milieu de journée, une délégation de manifestants a été reçue par le gouvernement wallon. Les échanges ont été vifs, notamment avec Yves Coppieters, ministre de la Santé et de l’Environnement, à l’origine du plan de réduction des pesticides. Mais une ouverture semble se dessiner : « On peut rephaser les choses éventuellement », a déclaré le ministre. « La priorité reste la santé publique, mais on va avancer de façon progressive, et en trouvant des alternatives techniques et économiques pour compenser. »














