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L’élimination d’Ali Khamenei a marqué un tournant majeur au Moyen-Orient. Le guide suprême iranien aurait été tué dès les premières minutes de l’opération. « On sait qu’il a été tué dès le premier coup. C’était en fait la première cible à frapper pour préserver l’effet de surprise », explique Chantal Monet, spécialiste des questions internationales pour RTL info.
La frappe a mobilisé des moyens considérables. « 30 bombes de 500 kilos chacune, ça ne lui laissait pas beaucoup de chance », explique-t-elle. Initialement, l’attaque devait avoir lieu de nuit, notamment pour garantir la sécurité des pilotes. Mais les plans ont changé à la dernière minute. « Le timing a été modifié parce que les renseignements américains ont eu l’information que le guide suprême participait à une réunion dans son complexe résidentiel à Téhéran », précise notre spécialiste. Selon elle, il s’agissait « sans doute d’un débriefing des négociations qui avaient eu lieu la veille avec les Américains ».
C’est tout ce travail de fourmi qui a permis de l’éliminer
L’opération est l’aboutissement d’une surveillance de longue haleine. « Ali Khamenei était surveillé depuis des mois par le Mossad et la CIA : ses déplacements, ses habitudes, son entourage, sa sécurité… L’homme était traqué, suivi par satellites et par drones. Des télécommunications ont aussi été interceptées. C’est à la fois du renseignement humain et du renseignement technologique, et c’est tout ce travail de fourmi qui a permis de l’éliminer. »
Qui dirige désormais l’Iran ?
La mort du guide suprême pose immédiatement la question de la succession, alors que plusieurs frappes ont visé des pays du Golfe ce dimanche. Qui les a commanditées ? « Le principal responsable de la sécurité de l’Iran, Ali Larijani, a expliqué comment les choses allaient se passer », indique Chantal Monet. Un conseil provisoire a été désigné pour assurer la transition.
« Il y a un trio, une sorte de triumvirat, composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï – la triste figure des pendaisons et des exécutions – et d’un membre des Gardiens de la Révolution qui vient d’être désigné. »
Ce triumvirat doit diriger le pays en attendant la désignation d’un nouveau guide suprême. Or, Ali Khamenei n’avait pas officiellement désigné de successeur. « C’est une assemblée de 88 religieux qui devra le choisir. Le régime est tenté d’agir rapidement pour montrer que la République islamique est stable. Mais est-ce qu’ils vont prendre le risque de se rassembler en pleine campagne de bombardements ? On le verra », conclut notre experte.

















