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Le statut de fonctionnaire est avant tout un statut de protection : protection de l’administration publique contre des pressions politiques ou hiérarchie. Il est aussi un rempart contre le clientélisme et la corruption et enfin, il assure la continuité des services publics lorsque les majorités politiques changent.
Ce statut fêtera bientôt son 1er siècle : il régit la carrière des agents de l’état depuis 1937, créé en pleine montée de l’extrême-droite en Europe. « Le parti Rex devenait important au Parlement, il y a eu donc une réflexion sur le renforcement de l’administration, et l’enjeu était que ce statut protège les fonctionnaires contre l’arbitraire politique », Damien Piron, professeur en administration publique à l’ULiège
Protéger l’administration publique contre les pressions politiques et hiérarchiques, car le statut de fonctionnaire offre une sécurité d’emploi : plus difficiles à licencier que dans le secteur privé. « L’idée qu’un fonctionnaire soit nommé, elle vient pour aider le fonctionnaire à refuser des injonctions d’autorités supérieures afin de pistonner l’un ou l’autre car il sait qu’on ne pourra pas faire de pression sur lui quant à son emploi », précise Jean-François Husson, professeur en politique publique à l’UCLouvain.
Une carrière longue et à la clé une pension généreuse : des avantages présentés comme remparts contre la corruption. « Des éléments de sécurité matérielle qui leur permettent de refuser plus facilement des sollicitations d’entreprises privées et donc, idéalement, à résister à des formes de corruption », note encore Damien Piron.
Enfin, le statut de fonctionnaire permet d’assurer la continuité des services publics. Depuis quelques années, le statut de fonctionnaire est de plus en plus remis en question pour plus de flexibilité voire sa suppression pure et simple. Un débat jugé dangereux par certains observateurs face à la montée des extrêmes ici et ailleurs.


















