Partager:
Après trois jours de mobilisation, la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, a fait le point ce mercredi soir en direct dans le RTL info 19H. Une action d’ampleur, sans précédent depuis le début du conflit sur la réforme des pensions. Pourtant, regrette-t-elle, le gouvernement fédéral continue de faire la sourde oreille.
« Nous avons écrit au Premier ministre et à tous les vice-premiers ministres dès le 14 octobre. Nous n’avons reçu aucune réponse. Pas même un accusé de réception », déplore-t-elle. Avant d’ajouter : « Le Premier ministre lui-même a reconnu qu’il recevait beaucoup de lettres, mais qu’il n’entendait pas y donner suite. »
Une attitude jugée incompréhensible par la syndicaliste, compte tenu de l’ampleur du mouvement social. « Le gouvernement refuse le dialogue alors que la colère monte partout dans le pays. »
Cela prouve que la mobilisation paie
Face à l’inflexibilité affichée par la majorité – « peu importe le nombre de grèves », a notamment déclaré le président du MR – Marie-Hélène Ska rappelle que la mobilisation a déjà produit des effets concrets. « Si, entre la première et la deuxième lecture, les périodes de maladie et la première année de carrière comptent désormais pour le calcul de la pension, c’est grâce à notre action », affirme-t-elle. « Cela prouve que la mobilisation paie. » Et la secrétaire générale de la CSC d’insister : « Nous allons continuer. Parce que nous voyons que la population comprend, qu’elle soutient ce mouvement. »
Marie-Hélène Ska pointe également le cumul des décisions politiques qui affectent directement le quotidien des travailleurs. « Le saut d’index sur les revenus supérieurs à 4000 euros bruts a été annoncé deux fois cette semaine. Ce sont des fins de mois toujours plus difficiles pour beaucoup. »
Mais les mesures ne concernent pas que le fédéral, insiste-t-elle. « Ce matin, j’étais avec les agents de propreté de la Ville de Charleroi. Ils s’inquiètent des économies annoncées. Hier, ce sont des accueillantes qui redoutent la diminution des subsides. À tous les niveaux de pouvoir, les décisions prises pèsent lourdement sur les conditions de travail et de vie. »
Interrogée sur les critiques à l’encontre des grèves, perçues par certains citoyens comme des prises d’otages et coûteuses pour l’économie, la secrétaire générale de la CSC répond clairement : « Des alternatives, nous en avons essayé. Mais on ne peut pas dialoguer tout seul. »
Les réformes en cours ne répondent à aucune des réalités vécues
Selon elle, le gouvernement commet une erreur en refusant toute concertation : « Il agit comme un simple relais des syndicats patronaux. Mais les réformes en cours ne répondent à aucune des réalités vécues par les travailleurs, les malades ou les personnes qui vont perdre leur revenu dès le 1er janvier. »
Pour la CSC, le combat continue. Et le message reste le même : il est temps d’ouvrir les yeux sur la réalité du travail aujourd’hui, et d’enfin entamer un dialogue réel.


















