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L’opposante vénézuélienne María Corina Machado a dit avoir « offert » à Donald Trump la médaille de son prix Nobel de la paix lors de leur rencontre à la Maison Blanche jeudi.
« J’ai offert au président des États-Unis la médaille du prix Nobel de la paix », a-t-elle déclaré à des journalistes au Capitole, siège du Congrès américain. Interrogée pour savoir si le président américain, qui convoite ouvertement cette distinction, avait gardé la médaille, elle n’a pas répondu.
J’ai offert au président des États-Unis la médaille du prix Nobel de la paix
Réception à la Maison Blanche
L’opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix María Corina Machado a déjeuné jeudi avec Donald Trump, qui l’a écartée de sa stratégie au Venezuela et qui ne digère pas de ne pas avoir été distingué l’an dernier par le comité Nobel.
Elle était arrivée peu après 12h00 locale et a quitté la Maison Blanche aux alentours de 14h30, prenant le temps de saluer des partisans rassemblés sur place, avant de se rendre au Capitole pour une rencontre avec des parlementaires, suivie de déclarations publiques.
Rien n’a filtré dans l’immédiat de l’entrevue avec Donald Trump. En effet, le déjeuner, présenté côté américain comme une rencontre de courtoisie plus qu’autre chose, s’est déroulé sans accès de la presse.
Le président américain « était impatient de la rencontrer et il s’attendait à avoir une bonne discussion productive avec Mme Machado, qui est vraiment une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens, » a dit la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, pendant que la réunion était encore en cours.

Sa venue à la Maison Blanche intervient au lendemain d’une « longue conversation » du président américain avec la présidente par intérim du pays d’Amérique latine, Delcy Rodriguez, confirmant l’intention américaine de traiter jusqu’à nouvel ordre avec l’équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines.
Il n’a eu que des éloges pour l’ancienne vice-présidente du dirigeant déchu, une « personne formidable », assurant pendant un échange avec la presse qu’il « travaillait très bien » avec les autorités vénézuéliennes. Delcy Rodriguez a parlé d’un entretien « productif et courtois ».
Tout cela n’empêche pas Washington de maintenir la pression sur Caracas : les forces américaines ont saisi jeudi matin un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, le sixième en quelques semaines.
Vente de pétrole
Les États-Unis ont par ailleurs finalisé une vente de pétrole vénézuélien, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars.
Donald Trump ne montre pour l’instant aucune velléité de soutenir l’opposition vénézuélienne ni d’organiser des élections dans ce pays. Mais il a assuré à la chaîne Fox News que ce serait un « grand honneur » pour lui si l’opposante vénézuélienne lui cédait son prix ou le partageait avec lui.
Le Nobel Peace Center, musée dédié à Oslo, a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction.
Mais il a ajouté : « Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat du prix Nobel de la paix », qui est donc associé pour toujours à certaines personnes ou organisations, sans partage ou transfert possible.
Partenariat « spectaculaire »
Peu après la capture de Nicolás Maduro, désormais détenu aux États-Unis, Donald Trump avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays. Le président américain entend dicter toute décision prise par Caracas, notamment en matière pétrolière, jusqu’à nouvel ordre.
« Ce partenariat entre les États-Unis et le Venezuela sera spectaculaire pour tous », a encore assuré Donald Trump mercredi sur son réseau Truth Social. Pour arriver à ses fins, il lui faudra toutefois convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d’investir massivement dans les infrastructures au Venezuela.
La Maison Blanche assure par ailleurs que la pression américaine a été déterminante pour les libérations de prisonniers décidées par Caracas, même si Mme Rodriguez souligne qu’il s’agissait d’un processus entamé par le président déchu Nicolas Maduro avant sa capture.
Nuançant depuis le début du processus les chiffres officiels bien plus élevés, l’ONG Foro Penal a recensé 72 libérations, alors que proches et ONG parlent de libérations au compte-goutte. Des ONG considèrent que plus de 800 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pays.













