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« Je n’ai rien fait de mal » : Bill Clinton auditionné sur ses liens avec Jeffrey Epstein, une rencontre « productive » mais les républicains pointent des « incohérences »

par RTL info avec AFP
L’ex-président américain, Bill Clinton, a assuré ce vendredi n’avoir « eu aucune idée des crimes » sexuels de son ancien ami Jeffrey Epstein, lors d’une audition par une commission d’enquête parlementaire qui l’a interrogé sur ses liens passés avec le financier.

Bill Clinton s’est défendu ce vendredi face aux élus américains. Auditionné par une commission d’enquête parlementaire sur ses liens passés avec Jeffrey Epstein, l’ancien président démocrate (1993-2001) a assuré n’avoir jamais eu connaissance des crimes du financier.

« Je n’ai rien vu et je n’ai rien fait de mal », a-t-il dit dans une déclaration liminaire publiée sur X. « Même avec le recul, je n’ai rien vu qui m’ait alerté », a-t-il insisté, affirmant avoir pris ses distances avec Jeffrey Epstein plus de dix ans avant la mort de ce dernier en prison en 2019.

Une audition jugée « productive »

À l’issue de cette audition à huis clos, James Comer, président républicain de la commission, a estimé la rencontre « très productive ». Selon lui, Bill Clinton a « répondu à toutes les questions, ou du moins tenté d’y répondre ». Un ton plus mesuré qu’avant la séance. Les républicains rappelaient notamment que l’ancien chef d’État avait voyagé « au moins 27 fois » à bord du jet privé d’Epstein et que ce dernier s’était rendu « 17 fois » à la Maison Blanche pendant ses deux mandats.

La représentante républicaine Nancy Mace a toutefois évoqué « des incohérences » dans certaines réponses de Bill Clinton. La vidéo de l’audition doit être rendue publique dans les prochaines 24 heures, tout comme celle d’Hillary Clinton, entendue la veille dans les mêmes conditions.

Des démocrates sur la défensive

Du côté démocrate, le représentant de Virginie Suhas Subramanyam a estimé que les élus avaient posé des « questions difficiles à l’ancien président ». « À son crédit, il a répondu à chacune d’entre elles », a-t-il déclaré, décrivant un Bill Clinton « plutôt à l’aise » et livrant « des réponses très longues et réfléchies ».

Mais pour les démocrates, l’attention devrait surtout se porter sur Donald Trump. « Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président », a lancé Suhas Subramanyam. « C’est le président Trump qui bloque notre enquête. C’est le président Trump qui veut étouffer cette affaire ». Comme pour l’actuel président républicain, également âgé de 79 ans, le nom de Bill Clinton apparaît à plusieurs reprises dans le dossier Epstein, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait été imputé.

Aucune accusation formelle

Des images récemment rendues publiques montrent Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein lors d’événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué. Sur l’une des photos, l’ancien président apparaît dans un bain à remous.

Si cette commission voulait connaître la vérité, elle demanderait directement à notre président actuel
Hillary Clinton

Jeffrey Epstein avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et purgé une peine de 18 mois de prison. Bill Clinton a répété à plusieurs reprises qu’il ignorait tout des crimes du financier.

Comme son épouse jeudi, il a été entendu dans une salle municipale de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une résidence. Hillary Clinton a assuré ne jamais avoir rencontré Jeffrey Epstein et s’est montrée combative face aux élus. « Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier », a-t-elle affirmé.

Pression croissante autour de Donald Trump

Les démocrates réclament notamment l’audition de Donald Trump à la lumière de nouvelles révélations de la presse. Selon ces informations, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement, alors qu’elle était mineure, par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.

Depuis la publication, le 30 janvier, d’une nouvelle série de documents, plusieurs responsables et personnalités à travers le monde ont été éclaboussés en raison de leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, entraînant enquêtes, arrestations et démissions, principalement en Europe. Interrogé avant un déplacement au Texas, Donald Trump a déclaré apprécier Bill Clinton et « ne pas aimer le voir interrogé sous serment ».

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