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« Je ne suis pas très content » : malgré une « percée » dans les négociations, Donald Trump ne ferme pas la porte à un recours à la force

par RTL info avec AFP
Le président américain se dit mécontent des négociations avec Téhéran mais affirme n’avoir pris aucune « décision finale » sur d’éventuelles frappes. De son côté, le médiateur omanais évoque une avancée majeure dans les discussions sur le programme nucléaire iranien.

Donald Trump souffle le chaud et le froid. Vendredi, le président des États-Unis a affiché son irritation face à l’Iran, tout en assurant qu’aucune décision définitive n’avait été arrêtée concernant d’éventuelles frappes militaires.

« Je ne suis pas très content de la manière des Iraniens de négocier », a-t-il déclaré à des journalistes, au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève, organisée sous médiation omanaise. Malgré la montée des tensions et un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient, il a précisé : « Nous n’avons pas pris de décision finale ».

« Quelque chose de nouveau »

Dans le même temps, le chef de la diplomatie omanaise, Badr Albusaidi, s’est montré bien plus optimiste. Selon lui, une percée a été réalisée : l’Iran aurait accepté de ne pas stocker d’uranium enrichi. « C’est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l’argument de l’enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l’absence de stockage », a-t-il expliqué sur la chaîne CBS.

Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait pourtant réaffirmé son exigence d’un arrêt total de l’enrichissement d’uranium par Téhéran. « Vous n’avez pas besoin d’enrichir quand vous avez autant de pétrole », a-t-il lancé lors d’un déplacement au Texas.

Accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire – ce que Téhéran dément – Washington réclame une interdiction complète de l’enrichissement. L’Iran, de son côté, revendique son droit au nucléaire civil et refuse d’aborder la question de son programme balistique, que les États-Unis souhaitent également limiter. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé Washington à éviter « toute exigence excessive », tempérant l’optimisme qu’il avait affiché la veille en évoquant de « très bons progrès ».

Déploiement militaire et précautions diplomatiques

Sur le terrain, la tension est palpable. Les États-Unis ont recommandé au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, invoquant des « risques pour leur sécurité ». Le secrétaire d’État Marco Rubio est attendu lundi en Israël, cible de frappes iraniennes en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire.

Washington a par ailleurs dépêché deux porte-avions dans la région, dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d’Israël après avoir quitté la Crète. L’Iran a aussi été inscrit sur la liste noire américaine des pays pratiquant « des détentions injustifiées », et les ressortissants américains présents sur place ont été appelés à « partir immédiatement ».

Inquiétudes internationales

La communauté internationale redoute un embrasement. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, s’est dit « extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale ». Le Royaume-Uni et le Canada ont retiré une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv par précaution. Londres a également évacué son ambassade à Téhéran, tandis que Pékin et Ottawa ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.

La paix est à portée de main
Badr Busaidi, Ministre omanais

Malgré ce climat tendu, les discussions doivent se poursuivre. Une prochaine session est prévue « très bientôt », après des réunions techniques lundi à Vienne, en présence d’« experts » de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), selon Abbas Araghchi. « La paix est à portée de main », a assuré vendredi sur X le ministre omanais Badr Busaidi, indiquant s’être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait fixé le 19 février un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour déterminer si un accord était possible ou s’il fallait recourir à la force. Les deux pays avaient repris les discussions l’an dernier, interrompues par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin, à laquelle Washington s’était brièvement associé. Les tensions actuelles surviennent également dans le contexte de la répression sanglante, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation en Iran, auquel Donald Trump avait promis de venir « en aide ».

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