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Colin, 27 ans, nous a contactés via le bouton orange Alertez-Nous pour raconter la mésaventure qu’il a vécue dans la nuit du 24 février à Uccle. « Il était 5 h du matin. J’ai entendu six coups de bélier… », se souvient-il. « Je dormais tout nu. Soudain, dix policiers cagoulés sont entrés dans ma chambre en hurlant : « Sortez les mains du lit ! » ». Le jeune homme, professeur de danse, a d’abord cru à un cambriolage. « Je pensais qu’on me volait… Jusqu’à ce que je voie leurs brassards orange. »
La police fédérale « regrette vivement cet incident »
La scène, digne d’un film, a duré près de quinze minutes avant que les policiers ne réalisent leur méprise. L’adresse visée pour la perquisition se trouvait… deux numéros plus loin. « Ils se sont tout simplement trompés d’immeuble ! », souffle Colin, encore incrédule. Dans sa communication, la police fédérale admet « une erreur opérationnelle » survenue « dans le cadre d’une perquisition menée à 5 h du matin à Uccle ». La police fédérale « regrette vivement cet incident ».
La pire situation de ma vie.
Colin garde surtout le souvenir d’un moment d’humiliation. « Je me suis retrouvé nu, braqué par dix policiers. La pire situation de ma vie, j’ai ressenti de la honte », confie-t-il. « Pendant vingt minutes, j’ai dû leur prouver que je n’étais pas le suspect, que je m’appelais Colin, que j’étais prof de danse et que je vivais là depuis deux ans. »
Colin raconte que les policiers sont partis « en le laissant seul au milieu de la nuit, porte défoncée ». « Ils m’ont juste donné une adresse mail griffonnée sur un papier », dit-il. Ce n’est que cinq heures plus tard, d’après Colin, que le chef de l’équipe l’a appelé pour présenter des excuses. La police dit « avoir immédiatement pris contact avec l’habitant concerné » et assure que « les premières mesures nécessaires ont été prises afin de sécuriser son logement ».
La réparation de la porte prise en charge par les frais de justice
« Ma porte blindée coupe-feu ne vaut plus rien », déplore Colin. L’assurance de son propriétaire doit couvrir les réparations, mais la procédure s’annonce longue. « On m’a dit que l’État rembourse les dégâts via les frais de justice. D’après mon assurance, ça peut prendre jusqu’à douze mois. » La police fédérale confirme dans sa communication que « les réparations de la porte seront prises en charge par les frais de justice ».
Deux jours après les faits, Colin tente de prendre du recul. « Je pense que la vie continue. Des erreurs, on en fait tous, même si celle-là est un peu… farfelue », sourit-il. « Je regarde encore ma porte toutes les quinze secondes. J’ai toujours l’impression que quelqu’un va débarquer. »

















