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Autrice du baromètre triennal sur le choix de vie des personnes de plus de 60 ans pour la Fondation Roi Baudoin, Elisa Gabriëls, a annoncé que deux tiers des seniors ne se préparaient pas à l’avenir. Elle souligne notamment un paradoxe autour des maisons de repos : le regard sur celles-ci est de plus en plus négatif au fil des années, mais le devient ensuite de moins en moins avec l’âge.
« Les gens de 80 ans et plus ont un regard nettement moins négatif sur les maisons de repos. La perception change avec l’âge. Plus on s’approche de 80 ans, plus on a des besoins de dépendance élevés, moins on a un regard négatif », affirme-t-elle.
Des alternatives aux maisons de retraite
Mais alors que faire lorsqu’on ne veut vraiment pas aller dans une maison de repos ? Il existe désormais des alternatives, parmi lesquelles les « maisons kangourou ». Il s’agit d’un type d’habitat partagé particulier.
« Alors spécifiquement un habitat kangourou, c’est un logement unique qui est séparé en plusieurs parties tout à fait autonomes, donc qui ont chacune leur salle de bain, leur cuisine, etc. mais qui permettent à plusieurs ménages d’habiter ensemble et de se soutenir et de s’aider mutuellement », explique Elise Gabriëls.
Il s’agit par exemple pour un fils, ou une fille, d’accueillir son parent âgé dans sa maison, aménagée de sorte que chacun ait un espace séparé au sein de la même habitation. Mais ce n’est pas la seule configuration possible : « Il y a aussi par exemple des personnes âgées qui accueillent des étudiants chez eux. C’est aussi un type d’habitat kangourou », affirme l’autrice du baromètre.
« Donc c’est vraiment cet habitat collectif, mais dans des entités séparées et qui permet un soutien intergénérationnel », résume-t-elle.
Un type d’habitat qui gagne en popularité
Un type d’habitat encore peu populaire auprès des personnes âgées puisque selon Elise Gabriëls, seules 30 % des personnes seraient prêtes à envisager un type d’habitat collectif. Elle nuance donc : « Ça se fait quand même assez bien, mais ça ne séduit pas encore la majorité des personnes de plus de 60 ans.
« Par contre ce qu’il est intéressant de noter, c’est que cette tendance est quand même à la hausse à travers les baromètres. Donc petit à petit on évolue vers plus de connaissances de ce type d’habitat et donc aussi plus d’intérêt », constate-t-elle.
D’ailleurs, la Fondation Roi Baudoin montre l’exemple avec la Maison Suzanne Generet à Woluwe-Saint-Lambert. Ce projet, qui bénéficie du soutien de la fondation, consiste en « une maison avec six studios indépendants et des espaces partagés ». « Les studios sont totalement autonomes, mais les personnes partagent le jardin, une salle commune, des espaces », explique Elise Gabriëls.
« Recréer du lien social »
L’intérêt de l’habitat collectif étant double : partager et veiller les uns sur les autres. « Ça permet vraiment de recréer du lien social entre les différentes personnes qui y habitent. Par exemple en partageant des repas, en allant prendre des nouvelles chez un voisin. Mais aussi en s’inquiétant quand on sait qu’un voisin n’est pas sorti depuis deux jours et que pour cette personne ça n’est pas du tout habituel », insiste la coordinatrice de projets santé pour la Fondation.
Des logements qui ont un coût relativement peu élevé : « Le loyer est adapté en fonction des revenus des personnes qui y habitent, mais en moyenne on peut compter sur un loyer d’environ 520 euros par mois », déclare Elise Gabriëls. Une solution alternative aux maisons de repos traditionnelles, qui offre donc de nombreux avantages.

















