Nicolas et Nathalie gèrent leur viande de l'étable à l'étal: "Quand on voit l'enthousiasme des clients, on continue pour eux"

L'affaire Veviba jette l'opprobre sur tout le secteur de la viande, déjà mis à mal par le passé. Certains éleveurs prônent et défendent une production locale, en circuit court. Ils encouragent les consommateurs à les soutenir. Illustration dans une exploitation bovine de Corroy-le-Grand avec Ludovic Delory.

Préfané, trèfles, luzerne : les blondes d’Aquitaine sont chouchoutées. La nourriture provient de la ferme, la viande aussi. Le circuit-court, Nicolas et son épouse s’y sont lancés il y a 16 ans. "Suite à la crise de l’ESB en 1996, on a été vilipendés du jour au lendemain dans les médias et on a voulu réagir face à ça, reprendre notre indépendance et faire un produit de qualité" explique Nicolas Braibant.


De l'étable à l'étal


180 bovins sont élevés ici, juste pour leur viande. Durant la belle saison, ils paissent à l’extérieur. La filière est entièrement suivie par les éleveurs. Objectif : rassurer le client sur la qualité du produit et contrôler la chaîne de l’étable à l’étal. "On conduit nos bêtes le vendredi à l’abattoir de Ciney qui est un abattoir de petite taille, wallon, des gens avec qui on sait parler et elles reviennent par transport frigorifique. Le reste, on s’en occupe" précise l’éleveur. Même la découpe est faite ici.


"Quand on voit l'enthousiasme des clients..."

La boucherie à la ferme séduit une clientèle de plus en plus inquiète des dérives de l’industrie agro-alimentaire. "Quand on voit l’enthousiasme des gens qui sont venus chercher leur viande ce weekend et qu’on a depuis plusieurs années l’enthousiasme des clients, on se dit qu’on continue pour eux et pour valoriser notre travail" ajoute Nathalie, éleveuse.

Le scandale sanitaire de ce début mars conforte les éleveurs de la filière courte dans leur vision : le prix de la qualité passe par l’indépendance. 

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