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De nombreux viticulteurs wallons se tournent vers le bio: "On vise l'authenticité, le raisin et le naturel" (vidéo)

 
 

Depuis 8 ans, la production de vin est en augmentation. Chaque année, chez nous, près de 2 millions de litres de vin sont produits. Pour s'adapter aux exigences des consommateurs, plusieurs vignerons se tournent vers le bio. Ces vins naturels commencent à se faire une place dans un commerce en plein essor.

Nous nous sommes rendus au cœur d’un prestigieux domaine, à l’arrière d’un château, à Bioul, dans la commune d'Anhée. Dans les vignes, les vendangeurs sont au travail depuis 8 heures ce matin. Grappe par grappe, ils récoltent le raisin, considéré ici comme un véritable trésor. Pas de produits chimiques, tout est 100% biologique. "C'est vrai qu'on est confronté à beaucoup de travail qui reste manuel, explique Arnaud Asset, vendangeur. Ici, quelque chose qui m'avait plu, c'est qu'on évite un maximum de mécanisation."

Divisés en plusieurs parcelles, les 12 hectares de vignes sont formés de cépages résistants aux champignons. Même si cette année, à cause des pluies diluviennes, 50% de la récoltes est détruite. Des 50.000 bouteilles attendues, il n’y en aura que 25.000. "On fait comme on peut, c'est-à-dire qu'on ne traite qu'avec des produits naturels. C'est le principe même du bio. C'est vrai que ces produits sont de temps en temps moins performants sur la durée", confie Vanessa Vaxelaire, administratrice des vins du Château de Bioul.

"Attentif au bien-être du sol"

L’an dernier, le vignoble a reçu la certification biologique. Au pied des cuves, Mélanie Chereau, maître de chai, expérimente aussi la biodynamie. Une pratique agricole écologique qui respecte aussi les cycles lunaires. "La lune va influer sur l'état des vins."

Ces cuvées sont élaborées et élevées au fil des saisons à la recherche du meilleur équilibre, mais parfois loin des pratiques conventionnelles… Peut-on faire d’un vin bio, un grand cru ? "Évidemment, on peut faire un grand vin avec un vin bio. J'ai même envie de dire : on fait les meilleurs vins en bio puisqu'on est attentif à chaque étape, au bien-être du sol, de la plante. On vise l'authenticité, le raisin et le naturel."

Emile Wyckmans, fils des propriétaires et stagiaire au Château de Biol, représente la nouvelle génération de vignerons. Pour lui, la filière biologique est ancrée dans les nouveaux comportements de consommation. "Un fruit qui a l'air en mauvais état n'est pas spécialement de mauvaise qualité. Bien au contraire, cela veut dire qu'il a beaucoup plus de goût. On voit vraiment cette envie de consommer plus local, plus proche de la nature, avec des produits qui ont plus de sens."

Le phénomène se vérifie le plus souvent en terrasse. Par hasard, en bord de Sambre, nous rencontrons Gérôme et Alexandre. "C'est très agréable et on se laisse un petit peu surprendre et impressionnés par ce qu'on peut faire chez nous", nous confie l'un d'eux.

"Des vins qui ont une personnalité"

Comptez de 10 à 40 euros pour l’entrée de gamme d’un vin biologique. Un prix qui garantit souvent une véritable identité. "Le but n'est pas d'inonder la planète, mais d'essayer, de proposer des vins qui ont une personnalité", affirme Marc Detraux, caviste et gérant d'un bar à vin à Namur.

La Wallonie compte 200 vignobles répartis sur 300 hectares où la culture bio progresse encore et encore. Ce domaine s’invite d’ailleurs à la table d’une dizaine de restaurants étoilés. Preuve que ce vin wallon est un produit d’exception.


 




 

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