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Une femme tuée par son compagnon à Assesse: le suspect a déjà été condamné à 3 reprises

  • Une femme est morte sous les coups de son compagnon à Assesse

  • Un homme violent aurait tué sa compagne à Assesse, dans le Namurois

 

Une femme de plus est morte sous les coups de son compagnon. Son corps a été découvert tôt ce matin à son domicile à Assesse. L'auteur avait des antécédents : il a déjà été placé sous mandat d'arrêt à trois reprises pour des faits de violences. Il venait d'être libéré en octobre dernier. Ce vendredi, il sera présenté devant un juge d'instruction.

La victime de l'homicide commis dans la nuit de mercredi à jeudi à Assesse a perdu la vie à la suite de nombreux coups qui lui ont été portés par son compagnon, indique le parquet de Namur jeudi. L'individu avait déjà été condamné à plusieurs reprises par le passé et était en sursis probatoire. C'est lui-même qui a contacté les services de secours vers 5h00 du matin.

L'homme sera présenté aujourd'hui à un juge d'instruction, et devrait être replacé sous mandat d'arrêt. Il a déjà été condamné à trois reprises pour violences conjugales.


De nombreux coups portés

Les faits se sont produits rue de la Gendarmerie à Assesse, dans l'habitation de la mère du suspect, où il est domicilié. Quand les services de secours sont arrivés sur place, sa compagne, née en 1979, était déjà décédée. Selon l'autopsie, la mort a été causée par "de nombreux coups extrêmement violents" et aucun objet n'aurait été utilisé. Le suspect, Luc N. (Nem), est né en 1981. Connu pour son alcoolisme, il avait déjà été condamné à plusieurs reprises concernant des violences conjugales commises envers sa compagne.

J'avais l'habitude que des ambulances viennent

Dans le quartier, les voisins évoquent une personnalité violente, tumultueuse. Ils confirment ces faits de violence répétés. Un voisin affirme avoir signalé à plusieurs reprises des faits de violences conjugales, et une deuxième voisine évoque des tensions régulières à cause de lui dans le quartier. "On a vu des lumières bleues, c'est d'ailleurs ce qui m'a réveillée", explique Marie-Thérèse, une voisine. "J'avais l'habitude que des ambulances viennent souvent, parce qu'il buvait souvent, et frappait sur sa mère. On avait peur : quand il buvait, il faisait n'importe quoi."

Arrêté à trois reprises

"Les premiers faits de coups et blessures remontent à septembre 2018", a expliqué Charlotte Fosseur, magistrate de presse du parquet de Namur. "Monsieur avait alors été placé sous mandat d'arrêt, puis libéré un mois et demi plus tard, moyennant des conditions qu'il n'a pas respectées. Il a donc été replacé en détention préventive en avril dernier, avant d'être à nouveau libéré sous conditions fin mai. Il a ensuite été placé sous mandat d'arrêt une troisième fois début juin pour non-respect des conditions."

"Dans ce contexte, il a comparu en tant que détenu le 18 septembre dernier", a-t-elle ajouté. "Le jugement rendu le 2 octobre l'a alors condamné pour l'ensemble des faits à une peine de 20 mois d'emprisonnement avec un sursis probatoire de 5 ans et il a été libéré le lendemain." "Nous attendions que ce jugement soit définitif pour aviser la commission de probation, qui allait mettre en place un suivi en matière d'alcoolisme et de violences conjugales", a-t-elle encore regretté.

Des moyens insuffisants ?

Le suspect sera entendu par un juge d'instruction vendredi en vue d'être à nouveau placé sous mandat d'arrêt. "Je ne crois pas que la justice ait été trop légère envers Monsieur Nem", a tenu à ajouter Charlotte Fosseur. "Nous avons mis en place tout ce qui pouvait l'être. La justice ne peut pas, à elle seule, résoudre cette problématique très complexe que sont les violences conjugales." "Il faut vraiment une prise en charge pluridisciplinaire, tant concernant les victimes que les auteurs. Les peines de prison ne peuvent pas constituer l'unique solution. Des associations et organismes font un travail magnifique, mais c'est malheureusement insuffisant. Il y a aussi toutes ces victimes de l'ombre, qui ne portent pas plainte et n'arrivent pas sortir de leur relation toxique", a-t-elle conclu. 

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