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"Je suis obligée de déposer ma fille chez mes parents": la garde des enfants, un stress pour de nombreux parents de retour au travail

 
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Le déconfinement risque de compliquer davantage la vie des parents. Vous êtes nombreux à devoir reprendre le travail sans savoir comment gérer la garde des enfants. Cette situation est surtout problématique pour les pères ou mères célibataires et pour les couples qui exercent un métier avec des horaires décalés. Comment surmonter cet obstacle ? Le congé parental "corona" est-il la solution ? Certains avouent devoir transgresser les règles.

"Je suis très embarrassé. Je dois recommencer à bosser lundi et je suis père monoparental avec trois enfants. Je fais quoi moi ? Je n’ai aucune solution de garde. Les parents sont-ils complètement oubliés ? Cette situation me cause un grand stress", confie un papa via notre bouton orange Alertez-nous.

Et il n’est pas le seul à nous confier son inquiétude. Suite au plan de déconfinement présenté par les autorités, beaucoup de parents doivent retourner au travail à partir du 4 mai alors qu’ils n’ont pas de solution pour la garde des enfants.

Première solution: les crèches et les écoles

Une première possibilité existe pour eux: les déposer à l’école ou la crèche. A partir de lundi prochain, les milieux d’accueil de la petite enfance vont accueillir progressivement tous les bébés, en fonction de leur capacité organisationnelle. "Dans les écoles, les garderies seront aussi assurées pour les enfants des personnes à qui on a demandé de reprendre le travail et plus uniquement aux personnes de première ligne comme le personnel soignant", assure le porte-parole de Pierre-Yves Jeholet, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"A partir du 4 mai et pendant toutes les phases du déconfinement, les garderies vont se poursuivre pour tous les secteurs en reprise. On a d’ailleurs demandé aux directeurs des écoles d’anticiper cette montée en puissance du nombre d’élèves présents", ajoute-t-il.

Il faut pouvoir maintenir et respecter les conditions de sécurité

Combien d’écoliers supplémentaires cela va-t-il représenter pour les établissements scolaires ? Difficile de répondre à cette question. "Pour le moment, seul 1% des élèves sont présents dans les garderies", indique le porte-parole de Caroline Désir, la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Mais pour nous c’est impossible de savoir le nombre d’enfants dans les garderies à partir du 4, du 11 et du 18 mai. Nous n’avons pas de boule de cristal", souligne-t-il.

D’après lui, les écoles s’adapteront à la situation en respectant les consignes de sécurité comme la distanciation sociale. "On organise pour le moment la reprise des cours. Et le but est justement de limiter le nombre d’élèves pour pouvoir maintenir et respecter les conditions de sécurité et assurer notre rôle pédagogique. On ne peut donc pas accueillir tous les enfants. On ne fait qu’appliquer les décisions prises par le Conseil national de sécurité. Et nous appelons à la responsabilité des parents", rappelle le porte-parole de la ministre.

"Et les parents qui travaillent avec des horaires hors scolaires ?"

Pour certains parents, cette option n’est toutefois pas possible. Leur planning de travail n’est pas compatible avec les horaires des garderies. "Mon mari qui est monteur de pneus dans un garage a repris le boulot. Il commence à 8h et finit à 18h. Moi je travaille toujours en maison de repos. Je commence à 7h et je peux finir jusque 20h, en fonction de mon horaire. Et nous travaillons un week-end sur deux. Nous avons un enfant de 5 ans. Mais les garderies proposées sont de 8h30 à 15h30", regrette Ambre via notre bouton orange Alertez-nous.

"Comment je dois faire avec ma fille de 3 ans car les garderies c'est jusque 17h et je quitte mon boulot à 19h30. Que fait le gouvernent pour les mamans célibataires qui travaillent avec des horaires hors scolaires", demande également Géraldine (prénom d’emprunt). Sa fille est scolarisée dans une école à Liège. "J’ai la garde exclusive et mon métier dans le secteur du transport est considéré comme essentiel. Je ne peux donc pas faire de télétravail", précise cette maman.

"L’école n’est pas une garderie ouverte jusque 20h"

Les horaires des garderies pourront-ils être étendus ? La réponse du porte-parole de Caroline Désir est limpide: "Non, c’est impossible. L’école est un lieu d’apprentissage et pas une garderie ouverte jusque 20h pour permettre une reprise économique", lance-t-il.

Si ces horaires ne peuvent pas être modifiés, qui va donc s’occuper de toutes ces petites têtes blondes et brunes ? "C’est une bonne question. Et cela vaut également pour les crèches", admet le porte-parole de Pierre-Yves Jeholet, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Nous sommes conscients de ce problème, mais il faut prendre d’autres mesures pour aider ces parents qui sont en difficulté. Ce n’est pas de notre compétence. La piste du congé parental spécifique, demandé par la Ligue des familles, est une solution mais c’est une décision prise au niveau fédéral", souligne le porte-parole de la ministre de l’Education.

Le congé parental "corona", la solution ?

Le congé parental "corona" est en effet présenté comme une bouée de sauvetage pour ces pères, mères et couples qui nagent dans le désespoir et l’inquiétude. Cette mesure est censée les aider à combiner travail et garde d’enfants lors d’un redémarrage progressif. Qui pourra en bénéficier et quand ?

"Ce congé parental supplémentaire sera valable à partir du 1er mai jusqu’au 30 juin. Il sera accessible à tous les parents qui ont au moins un enfant à charge jusque l’âge de 12 ans ou un enfant handicapé", indique le cabinet de la ministre fédérale de l’Emploi Nathalie Muylle.

"Le texte suit son cours et visiblement tous les partis veulent que cette décision soit actée le plus vite possible. On espère que l’arrêté sera publié la semaine prochaine. En tout cas, si cela se produit après le 1er mai, ce congé corona sera octroyé avec effet rétroactif", nous assure-t-on.

Autres précisions: le montant octroyé par l’Onem sera le même que celui du congé parental ordinaire, les parents qui continuent à faire du télétravail pourront aussi prendre ce congé spécial et il faudra l’accord de l’employeur. "Mais j’imagine mal des patrons refuser cela, vu les circonstances exceptionnelles", estime le cabinet.

Enfin, les parents pourront prendre un congé coronavirus à mi-temps ou 1/5 temps. Une suspension totale des prestations de travail n’est donc pas possible.

"C’est une bonne nouvelle, mais comment vais-je faire pour les autres jours de la semaine", réagit Géraldine. Habituellement, ce sont ses parents qui habitent à Liège qui s’occupent de sa fille après l’école. 

"Je suis obligée de déposer ma fille chez mes parents"

"Depuis le début de l’épidémie, c’est ma sœur cadette qui la garde chez moi. Mais à partir du 18 mai, comme elle est en sixième secondaire, elle va retourner à l’école. Je suis parfois déjà aussi obligée de la déposer chez mes parents. J’ai lu que c’est interdit de faire garder les enfants par ses proches, mais je n’ai pas le choix", regrette cette mère célibataire.

"Je trouve que c’est encore plus risqué de la déposer à la garderie à l’école et que mes parents viennent la récupérer. Donc je préfère la laisser chez eux, même si j’ai peur d’une contamination. Mon père est quand même diabétique. Heureusement que pour le moment personne n’a été malade, ni à mon travail, ni dans ma famille. Et je prends toutes les précautions nécessaires", assure-t-elle.

Cette situation est manifestement angoissante pour cette maman qui craint également un contrôle. "Je me déplace avec une boule au ventre". 

Pas encore autorisé de revoir ses proches

En réalité, vous êtes nombreux à nous confier être confrontés au même problème. Une voie sans issue. "Ai-je droit de faire garder mon enfant par une personne de ma famille puisque la garderie n’est pas une solution", demande notamment Ambre.

D’après le centre de crise, il faudra encore limiter au maximum les contacts entre les personnes. Le 4 mai, il n’est donc pas encore question de renouer les contacts familiaux. Cela n’est pas autorisé à ce stade. Il faudra attendre le 18 mai pour espérer la possibilité de réunions privées en famille. Cela dépendra de l’évolution de l’épidémie dans notre pays.

En attendant, pour passer le plus de temps possible avec sa fille, Géraldine prend également des congés. "Heureusement j’en ai encore beaucoup", se console-t-elle.

Parmi les autres solutions, certains évoquent aussi des arrangements avec d’autres parents et l’option contraignante des congés sans solde. 

Flexibilité des employeurs

Ce jeudi matin, le président du syndicat FGTB a déclaré qu'il espérait de la flexibilité des employeurs vis-à-vis des problèmes de leurs travailleurs liés à la garde des enfants:

 




 

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