Partager:
Pour tenter de démasquer les éventuels fraudeurs, les inspecteurs de l’ONEM et de l’INAMI effectuent régulièrement des contrôles dans différents secteurs comme l’horeca ou la construction. Mais récemment, c’est à la sortie d’un avion que les inspecteurs se sont présentés. L’objectif étant de vérifier que les éventuels allocataires avaient le droit de voyager.
Il y a trois semaines, Jean-Marc revient d’un voyage en Égypte. Il y a passé quelques jours avec son club de plongée. Son avion atterrit à l’aéroport d’Ostende. À la sortie du véhicule, il passe le traditionnel contrôle des passeports, puis se retrouve à passer un contrôle surprise supplémentaire par des inspecteurs de l’ONEM et de l’INAMI.
Fraude sociale
« Aux personnes qui, comme moi, avaient l’âge d’être à la retraite, ils ont demandé si nous étions retraités. Si nous répondions oui, ils nous répondaient ‘Ok, vous pouvez y aller. Merci beaucoup, bonne fin de nuit’. Ils ont aussi demandé à d’autres personnes ce qu’elles exerçaient comme métier. Chacun a répondu en fonction de son emploi », témoigne Jean-Marc.
Les inspecteurs sont à la recherche de fraudeurs :
- soit des chômeurs qui ne respecteraient pas le nombre maximum de congés qu’ils peuvent prendre par an ;
- soit des malades qui n’auraient pas l’autorisation de leur mutuel pour voyager.
« Un des membres du club de plongée était en incapacité de travail et percevait donc de l’argent de la part de sa mutuelle. On lui a posé la question de savoir s’il avait demandé l’autorisation de sa mutuelle avant de se rendre à l’étranger. Il a répondu par l’affirmative et les inspecteurs l’ont laissé partir sans demander aucune preuve », continue de raconter Jean-Marc.
Deux contrôles par an
Ces contrôles ne sont pas fréquents puisqu’il n’y en a que deux par an, par aéroport. Mais ils s’inscrivent dans le plan global de lutte contre la fraude sociale, validé par le gouvernement. « On a augmenté les contrôles notamment à l’aéroport parce qu’on veut savoir s’il y a des personnes qui reçoivent, par exemple, des allocations de chômage et qui doivent rester en Belgique plutôt que de partir à l’étranger », affirme Rob Bendeers (Vooruit), ministre fédéral chargé de la lutte contre la fraude sociale. Avant d’ajouter « Ce ne sont pas des contrôles que l’on fait chaque jour, mais on fait des contrôles partout. »
On cherche plus de 300 inspecteurs supplémentaires
Le gouvernement espère récupérer jusqu’à 2 milliards d’ici 2029, et veut engager pour cela de nouveaux inspecteurs. « On cherche plus de 300 inspecteurs supplémentaires, non seulement pour la lutte contre la fraude sociale, mais aussi pour la justice ou la police. Parce que c’est vraiment important qu’on ait assez de contrôleurs pour lutter contre cette fraude fiscale et sociale », conclut Rob Bendeers.
L’essentiel de la fraude sociale concerne les secteurs de la construction et de l’horeca. Un tiers des contrôles décèlent des cas de fraude.


















