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Le procès d’Yvan Dave s’est ouvert ce lundi matin devant la cour d’assises de Liège. L’homme de 72 ans est accusé d’avoir tué un jeune homme de 21 ans, Mayron Weibel, dans la nuit du 8 janvier 2020, lors d’une tentative de cambriolage à son domicile de Ferrières. Au cœur des débats : la question de savoir si le tir était accidentel ou intentionnel.
Un coup de feu mortel
Les faits remontent à une nuit d’hiver de 2020. Trois cambrioleurs ont tenté de s’introduire dans la propriété d’Yvan Dave, une ferme château qu’il détenait avec son frère. Déjà victime de deux cambriolages par le passé, l’homme, ancien informaticien à la retraite, dit avoir paniqué en entendant du bruit. Il aurait alors saisi une arme et tiré en direction des intrus, atteignant mortellement le jeune Mayron Weibel.
Dès le départ, l’accusé a soutenu la thèse d’un tir accidentel, déclenché sous le coup du stress. Mais cette version est battue en brèche par le ministère public. Dans l’acte d’accusation, lu ce lundi matin, le parquet s’appuie sur une expertise balistique pour affirmer qu’un tir involontaire est techniquement impossible avec l’arme utilisée, qui nécessite une pression de 1,8 kg sur la détente.
« Les gestes semblent réfléchis »
La défense d’Yvan Dave maintient que son client a agi dans la panique, en légitime défense. Elle évoque un premier coup de feu parti accidentellement, dans une situation tendue et angoissante. Mais pour Me Julie Meyer, avocate des parties civiles représentant le père et les sœurs de la victime, cette version ne tient pas. « Ce qui est interpellant, c’est qu’il explique qu’il a agi de manière rapide dans le stress. Et en réalité, quand on voit les gestes qu’il a posés, ce sont des gestes qui semblent réfléchis », souligne-t-elle.
« Monsieur Dave est décrit comme quelqu’un de très intelligent, très réfléchi. Et c’est vrai que son comportement factuel n’est pas conforme à ce qu’il explique au niveau de ses émotions. La question centrale du dossier, c’est de démontrer que l’accusé a bien eu l’intention de tuer le fils de mon client. »
La cour devra entendre près de soixante témoins à la barre pour tenter de faire toute la lumière sur cette nuit. Les 16 jurés – 7 hommes et 9 femmes – auront la lourde tâche de se prononcer sur les intentions réelles de l’accusé et de déterminer si ses actes relèvent ou non de la légitime défense.
















