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La régionalisation du rail est un projet "irresponsable", selon le ministre Gilkinet

La scission du rail, réclamée par la N-VA depuis plusieurs années déjà, aurait un impact négatif sur la ponctualité et entraînerait des risques pour la sécurité ainsi que des coûts supplémentaires pour les voyageurs notamment, a souligné mardi le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo). Il dénonce "une mauvaise science-fiction politique" et une "menace" pour la mobilité ferroviaire comme pour les finances publiques.

La régionalisation de la SNCB est inscrite au programme du gouvernement flamand depuis plusieurs législatures et la N-VA a déposé l'année dernière une proposition de loi spéciale pour scinder le transport ferroviaire en Belgique. Le sujet est réapparu dans l'actualité récemment avec la publication du livre de Marc Descheemaecker, ancien administrateur délégué de la SNCB, candidat député pour le parti nationaliste flamand et sponsor de cette scission du rail.

Le système ferroviaire belge, conçu depuis près de 200 ans, est pourtant "irréversible", résume Georges Gilkinet. Sa scission nécessiterait la création d'opérateurs et de gestionnaires d'infrastructures régionaux, ce qui compliquera la circulation des trains en passant d'une région à l'autre.

Parmi les conséquences négatives, le ministre de la Mobilité pointe du doigt une multiplication des correspondances selon les opérateurs, un impact sur la ponctualité à cause d'une baisse de la coordination, des surcoûts en structures et en personnel qui seront reportés sur le prix pour les voyageurs, ou encore des risques pour la sécurité.

"On a connu des accidents tragiques sur le rail par le passé, aussi liés à des problèmes de communication", rappelle le ministre. "Le système ETCS (système européen de contrôle des trains, NDLR) est en cours d'installation, il est unique pour toute la Belgique. Si demain des pouvoirs organisateurs régionaux prennent des directions différentes, la sécurité ne sera pas assurée."

Ces changements engendreraient une perte d'attractivité du ferroviaire et freineraient le shift modal, considère-t-il.

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