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La violence sexuelle, "une urgence de santé publique taboue" en Centrafrique

La violence sexuelle en République centrafricaine est "une urgence de santé publique taboue et ne peut être traitée uniquement comme un problème lié au conflit armé", alerte jeudi Médecins Sans Frontières (MSF) à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

"Malgré certains développements positifs au cours des cinq dernières années, de nombreuses survivantes de violences sexuelles (95% sont des femmes) ne signalent pas leur cas et ne cherchent pas à se faire soigner", affirme dans un communiqué Khaled Fekih, directeur de MSF en Centrafrique. "Nous savons que le nombre de patients examinés n'est encore que la partie émergée de l'iceberg."

"Les patients sont confrontés à de nombreux obstacles pour obtenir des soins en temps voulu, notamment la peur, le manque de moyens de transport ou de ressources, l'inefficacité des parcours de soins", poursuit Liliana Palacios, conseillère en santé de MSF.

La violence sexuelle va en outre bien au-delà du conflit, détaille l'organisation. Au cours des cinq années analysées dans son dernier rapport, il a été constaté qu'une minorité d'agresseurs étaient armés (environ 20%) et que la grande majorité d'entre eux faisaient partie de l'entourage proche de la victime (environ 70%).

"Malheureusement, les auteurs restent très peu condamnés en raison d'une impunité flagrante, tandis que les survivants sont confrontés à une stigmatisation aiguë et à des obstacles considérables pour poursuivre une vie normale au sein de la communauté", déplore Médecins Sans Frontières.

Plus de 34.400 personnes ayant subi des violences sexuelles ont été prises en charge en République centrafricaine au cours de ces cinq années, selon MSF. L'ONG a, à elle seule, triplé son nombre de patients traités entre 2018 et 2022, à 19.500.

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