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Maxime Prévot glisse un petit tacle à Donald Trump : « L’Europe ne doit pas danser selon la manière dont il décide de siffler »

par RTL info avec Belga
Face à l’incertitude des relations transatlantiques, la Belgique et l’Union européenne cherchent à renforcer leurs liens avec le Mexique. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, plaide pour une stratégie latino-américaine, soulignant à la fois le potentiel économique du pays et les défis sécuritaires majeurs liés aux cartels, à la corruption et aux violences qui frappent la population.

L’Union européenne et la Belgique voient dans un rapprochement avec le Mexique une façon de diversifier leurs partenaires commerciaux, face au caractère devenu imprévisible de « l’ami » américain. Mais le pays reste marqué par les pratiques mafieuses des cartels, la corruption et les violences qui en découlent.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a plaidé au retour d’une visite en Colombie et au Mexique pour que « les Amériques retrouvent une place importante dans la politique étrangère belge », estimant que l’attention accordée ces dernières années au continent africain doit désormais être complétée par une stratégie pour le continent latino-américain.

« L’Europe ne doit pas danser selon la manière dont Donald Trump décide de siffler », a-t-il souligné, en référence à l’incertitude politique qui entoure la relation transatlantique. Pour lui, la proximité historique entre les pays d’Amérique latine et l’Europe constituent un « capital de confiance et d’opportunité économique qui ne peut plus être négligé ».

Le Mexique reste un partenaire stratégique : membre du G20, puissance économique, sans oublier l’accord commercial global UE-Mexique, dont la conclusion est attendue dans les prochains mois. Cet accord doit contribuer à « renforcer la compétitivité européenne et belge », tout en offrant au gouvernement mexicain « davantage de moyens pour lutter contre les organisations criminelles », a estimé Maxime Prévot.

Car le contraste est saisissant entre l’image extérieure du Mexique et la réalité interne. Champion en matière de ratification de traités internationaux, le pays fait face à une crise profonde des droits humains, directement liée à la violence, au crime organisé et à l’insécurité. Les cartels, très puissants, figurent parmi les plus grands employeurs du pays. Ils se financent non seulement par le trafic de drogue, mais aussi par l’extorsion et la captation de budgets publics locaux. ’Toute entreprise légale doit payer pour une protection’, a expliqué un interlocuteur européen à la délégation belge sur place.

Le taux d’impunité dépasse 95 % pour les crimes graves, décourageant les forces de l’État d’agir. Plus de 120.000 personnes sont portées disparues, souvent des femmes et des adolescents. Si les homicides ont diminué de 33 % en un an, les disparitions forcées augmentent. Les défenseurs des droits humains et les journalistes sont particulièrement exposés : 276 reporters ont été tués au cours de la dernière décennie.

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Pour Maxime Prévot, ces violences « ne sont pas le fruit d’un régime autoritaire, mais de l’action inacceptable d’organisations criminelles ». Tourner le dos au Mexique, selon lui, ne ferait qu’aggraver la situation. « Chasse aux journalistes, explosion des disparitions, extorsions, traite des êtres humains, blanchiment… (Ces faits) nécessitent des moyens considérables avec l’apport de la communauté internationale pour enrayer le phénomène. »

Le ministre s’est aussi exprimé sur la progression de la Chine dans la région. « La Chine est à la fois un allié, un rival et un concurrent », a-t-il observé. Il appelle l’Europe à « ne pas céder du terrain » sur le plan diplomatique ni sur celui des opportunités économiques. Selon lui, la présence européenne en Amérique latine doit être « non agressive, mais pas naïve », afin d’éviter que l’influence de l’UE ne se marginalise.

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