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La réforme du chômage, qui doit mener à l’exclusion d’un grand nombre de chômeurs de longue durée, inquiète profondément le bourgmestre de Charleroi, qui redoute plus de casse sociale dans sa ville. « C’est hypercompliqué », lâche Thomas Dermine, qui juge les projections fédérales déconnectées du terrain. Il rappelle que « Monsieur Clarinval, le génie des chiffres » annonçait qu’un tiers seulement des personnes se tourneraient vers les CPAS, alors qu’« ici à Charleroi, on est déjà à au-delà. 80 % des gens qui ont pris un rendez-vous et basculent complètement ». Pour lui, la situation dépasse largement le cas carolo : « Je pense qu’on ne mesure pas à quel point c’est la catastrophe en Wallonie. »
« Un vrai risque de précarisation »
Sur le terrain économique, le tableau dressé par le bourgmestre est sombre : « C’est-à-dire qu’on a l’industrie qui se crashe. » Il cite notamment le cas d’AGC, une entreprise qui s’apprête à annoncer une restructuration, avec, selon nos informations, entre 180 et 200 employés qui perdront leur emploi. À cela s’ajoutent les difficultés de la sidérurgie, la réduction de secteurs autrefois forts comme la pharma, et un secteur de la construction « à l’arrêt ». Résultat, « le nombre de chômeurs qui explose, plus 12 % en un an », insiste Thomas Dermine. Pour une offre d’emploi, il y a sept personnes qui sont disponibles sur le marché, indique-t-il. Et d’enfoncer le clou : « Il y a vraiment des pans entiers de la population qui vont basculer dans la précarité »
« Des gens jetés comme des Kleenex » : Dermine charge le gouvernement
Thomas Dermine se montre particulièrement sévère envers les autorités régionales et fédérales. Il dénonce d’abord le « pire cynisme » du gouvernement wallon qui « coupe des subsides pour les associations de première ligne » au moment même où la demande explose : les Restos du cœur de Charleroi, dit‑il, sont en procédure de licenciement « alors qu’il y a jamais eu autant de gens dans la rue », une situation avec laquelle il affirme ne pas « arriver à vivre ». Il plaide pour « faire les choses différemment ». Aujourd’hui, juge-t-il, « on a un gouvernement qui manque d’humanité, qui jette des gens comme si c’étaient des Kleenex ».















