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Un mois après la première vague d’exclusion du chômage, les CPAS tirent la sonnette d’alarme : « Les proportions sont tout à fait différentes »

par RTL info avec Mathieu Col et Steve Damman
Cela fait un mois qu’ont commencé les premières exclusions du chômage. Le gouvernement fédéral avait prévu que 30 % de ces exclus s’orienteraient vers les CPAS, et avait donc prévu de financer les CPAS dans la même proportion. Qu’en est-il finalement ?

La salle d’attente du CPAS d’Evere est pleine car il s’agit d’un jour de permanence. Trois agents d’accueil sont là pour s’assurer que tout se passe bien. Il y a beaucoup de monde et c’est normal puisque depuis un mois, une partie des exclus du chômage se rend au CPAS pour demander de l’aide.

Ils sont d’ailleurs plus nombreux que prévu, à Evere, comme dans toutes les autres communes bruxelloises : « Dans certaines communes, nous sommes à 40 %, dans d’autres à 50 %. Et certaines communes de Bruxelles – mais les données que j’ai pour les autres régions sont sensiblement les mêmes – approchent les 60 % de demandes pour les exclus du chômage », affirme Sébastien Lepoivre, président des CPAS bruxellois.

Des estimations revues à la hausse sur le terrain

Le gouvernement avait quant à lui prévu que 30 % des exclus du chômage demanderaient de l’aide au CPAS. On serait donc bien au-delà, à Bruxelles, comme en Wallonie.

Un constat confirmé par Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS wallons : « D’après les premières estimations, on est plutôt entre 40 et 50 % des personnes qui viennent frapper à la porte. »

Selon lui, « c’est surtout dans les grands centres urbains que se concentrent les chômeurs exclus et la pauvreté, donc les chiffres les plus importants sont observés dans ces centres urbains comme Liège, Charleroi, Verviers ou La Louvière, et toutes les autres grandes villes wallonnes. »

« La facture du fédéral sera sans doute plus élevée »

La conséquence directe de cette réalité : des dépenses plus importantes pour les communes, alors que le fédéral avait prévu de les aider en se basant sur les 30 % de transfert estimés à la base.

« Nous avions estimé, nous, sur les trois ans à venir, que les pertes pour les CPAS seraient estimées à un petit milliard d’euros. En ayant plus de personnes que prévu qui vont arriver, évidemment la facture par rapport au fédéral sera sans doute plus élevée. », souligne le directeur général de la Fédération des CPAS wallons

Gestion des flux supplémentaires

Jusqu’à présent, les CPAS parviennent à gérer les flux supplémentaires. Mais pour Sébastien Lepoivre, les mois qui viennent risquent d’être très compliqués : « Ici on a eu 5.000 personnes exclues en deux mois. En mars et avril, il y aura 25.000 personnes sur Bruxelles en à peine 30 jours et donc les proportions sont tout à fait différentes. Ce qui fait que les équipes sont quand même dans la crainte de ne pas pouvoir suivre le flux pour les mois suivants. »

Le transfert risque non seulement d’étouffer certaines communes financièrement, mais aussi d’appauvrir ceux qui ne retrouveraient pas de travail, puisque l’allocation au CPAS est bien souvent inférieure à celle perçue au chômage.

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