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Comment les universités s'arment-elles contre la tricherie avec ChatGPT?

L'intelligence artificielle fait maintenant partie des outils académiques, comme le sont les moteurs de recherche sur internet ou les traducteurs en ligne. "Aujourd'hui, c'est ChatGPT qui offre plein de perspective pour améliorer la qualité des travaux", estime Yves Deville, conseiller du recteur pour les aspects numériques à l'UCLouvain. Ce professeur a d'ailleur réalisé un sondage parmi ses étudiants, et il s'est rendu compte que la grande majorité d'entre eux l'utilise déjà au quotidien.

Dans les universités, les professeurs sont sensiblisés à cette nouvelle technologie. Mais il n'existe pas encore de règles précises quant à son utilisation. Laurent Schumacher, vice-recteur à l’enseignement de l’université de Namur est pour l'intégration d'un tel outil: "C'est un outil qui fait désormais partie de notre vie quotidienne, il faut l'intégrer dans les études, dans le boulot que l'on fera demain", explique-t-il.

Il n'y a pas d'outil 100% fiable et il n'y en aura jamais

L'une des principales préoccupations liée à cette intelligence artificielle, arrivée en novembre 2022, c'est le risque que les étudiants l'utilisent pour la rédaction complète de leur mémoire. Comment les universités peuvent-elles vérifier qu'un étudiant ou une étudiante utilise ChatGPT ? Comment s'arment-elles face à ce problème? "Ce sont d'abord et avant tout les promoteurs qui sont les garants de cette intégrité scientifique. Le promoteur accompagne l'étudiant pendant la production du mémoire, et donc il va pouvoir le guider, lui montrer les bons et mauvais usages de cet outil", précise Laurent Schumacher.

"Si un étudiant utilise ChatGPT, nous lui conseillons de mentionner qu'il l'a utilisé et pour quel endroit, comme on le fait dans n'importe quel travail scientifique", recommande Yves Deville. Par contre, il n'existe pas encore d'outil suffisamment fiable qui puisse détecter si le travail a été entièrement réalisé avec une intelligence artificielle ou pas: "Il n'y a pas d'outil 100% fiable et il n'y en aura jamais. ChatGPT est un outil qui invente, qui crée du contenu. On pourra avoir une suspicion d'utilisation mais jamais une certitude. C'est techniquement impossible de savoir si c'est ChatGPT qui a généré du texte, mais à la défense orale du mémoire, on se rend très rapidement compte que l'étudiant n'a aucune maîtrise de son sujet", pointe-t-il. 

"Les outils traditionnels de contrôle d'un éventuel plagiat étaient essentiellement des outils qui, sur base d'une masse de documents, essayaient d'identifier la distance qu'il pouvait y avoir entre le mémoire proposé et les documents connus. Il faut aussi savoir que des sous-types d'intelligence artificielle comme ChatGPT ont été nourris avec cette même base d'information. Ce n'est pas complètement différent, simplement vous ne trouverez pas pile-poil le même contenu dans ce qui est connu vis-à-vis de ce que ChatGPT va produire. Il y a un petit défi supplémentaire", explique de son côté le vice-recteur de l'université de Namur. 

Le seul moyen de savoir si ChatGPT ou une autre IA a été utilisée reste donc, pour le moment, le suivi par le promoteur du mémoire, mais aussi la défense orale. 

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