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8 ans plus tard, Antoine nous reçoit chez lui, désormais débarrassé de son cancer. Il se sent « tout à fait rassuré », car il n’y a pas de risque que le cancer revienne, confie-t-il. « Apparemment, il y avait une date limite de 8 ans où on s’est dit c’est pas près de revenir », raconte-t-il.
Antoine était l’un des portraits du Télévie en 2017, aux côtés de la marraine de l’émission, Virginie Efira et de son père, le docteur André Efira. Antoine revient sur le moment de l’annonce de son cancer.
Mon père était détruit.
« Je ne me rendais pas vraiment compte, se souvient-il. C’est ma maman qui posait les questions et j’ai été saisi quand elle a parlé de chimio. Qu’est ce qui va m’arriver ? Comment je vais supporter la chimio ? » Sa mère étant elle-même touchée par un cancer du sein, Antoine explique qu’il savait déjà « un peu comment ça fonctionne ». « Ça m’a vraiment fait peur », confie-t-il.
Avec deux personnes de la famille touchées par le cancer, Antoine voit son père « se décomposer complètement » : « Il ne savait plus parler. Il était détruit. »
Lors de la chimiothérapie d’Antoine, sa maman est malheureusement emportée par son cancer du sein. Même s’il est aujourd’hui en rémission complète, les problèmes de santé d’Antoine ne l’ont pas quitté : des problèmes cardiaques de naissance, un pacemaker, un diabète. Et depuis notre tournage de 2017, un AVC et une endocardite, c’est-à-dire une inflammation du cœur, il y a deux ans.
Des rappels à « profiter de la vie »
« Là vraiment, ça a été très très compliqué », confie Antoine, resté hospitalisé pendant plus de deux mois. « On voit quand même la vie différemment. On se dit ‘allez, il ne faut pas lâcher, on s’en sort encore une fois’. Ce sont des rappels qui vous disent ‘profite de la vie’ ».
En dehors de ses problèmes de santé. Antoine profite de la vie, surtout avec sa passion depuis tout petit pour le Sporting de Charleroi. Sur son ordinateur, il rassemble quasiment tous les résumés des matchs de toutes les saisons depuis celle de 1986.
« Dans chaque dossier correspond à une saison du Sporting, explique Antoine. Tous les résumés n’ont pas été trouvés. J’en recherche encore, mais depuis 99, il y a à peu près tout. Je les revois avec grand plaisir mais j’ai plus de mal avec les défaites ».
Antoine devenu l’archiviste officiel du Sporting de Charleroi
Preuve de sa détermination, Antoine a posté sa candidature tous les mois pendant sept ans pour être embauché au club. Et cela a fonctionné. Il est aujourd’hui l’archiviste des Zèbres, le spécialiste de l’histoire du club. Avant chaque match de Charleroi, l’équipe fait appel aux connaissances d’Antoine pour choisir un souvenir d’une précédente rencontre.
« Qu’on parle d’un souvenir qui date d’il y a trois ans ou d’il y a 20 ans, lui va savoir de quoi on parle, de qui on parle et qu’est ce qui s’est passé sur ce match, raconte Sami Ziti, responsable de communication du sporting de Charleroi. C’est dur de l’arrêter de travailler parce qu’il y a des moments où il est un peu plus malade. On lui dit ‘Mais arrête’, je pense que là c’est vraiment la passion au sens propre du Sporting de Charleroi ».
Sa fonction, lui permet de voir les coulisses du club. Un rêve d’enfant devenu réalité après des années de candidature et des années de lutte contre les problèmes de santé.
« Même si l’on est malade, il faut toujours y croire, souligne-t-il. Et bien se mettre en tête qu’on va s’en sortir. C’est pareil quand on souhaite accomplir quelque chose. Ce n’est pas le temps que ça prend le plus important, c’est d’y arriver et on y arrive en général au moment opportun ».
Une volonté implacable, un optimisme à toute épreuve.

















