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« On est inquiets » : le nombre de dossiers au tribunal du travail explose suite à la réforme du chômage

Par RTL info avec Samuel Ledoux et Audrey Michotte
Avec les premières exclusions du chômage, le Tribunal du Travail s’attend à recevoir plus de dossiers à traiter, notamment des recours contre cette décision ou pour avoir droit au CPAS. C’est déjà le cas à Liège où on attend entre 10 et 20 000 dossiers supplémentaires sans effectifs en plus.

Le Tribunal de Liège a enregistré ces derniers jours 730 dossiers supplémentaires introduits par des futurs exclus du chômage. Charlotte Havenith, juge au tribunal du travail de Liège, et magistrate presse, pointe du doigt le manque de personnel par rapport à la charge de travail :

« Puisqu’on est déjà à flux tendu pour l’instant, s’il y a, comme on nous l’annonce, plus de 10 000 dossiers supplémentaires qui arrivent, sachant qu’on rend en moyenne pour le Tribunal du Travail de Liège 13 500 jugements par an, le risque c’est de voir le contentieux qui double et donc pas suffisamment d’effectifs pour assumer ce contentieux ».

Contrairement aux CPAS qui ont reçu des moyens supplémentaires pour aider les futurs exclus. Les tribunaux du travail n’ont reçu aucun renfort humain pour faire face à l’explosion annoncée des recours, même si un budget devrait prochainement leur être attribué.

Kristine Hansch, porte-parole du collège des cours et tribunaux, ne cache pas son appréhension : « Ça prend du temps. Ce n’est pas parce que les budgets sont alloués que le magistrat nous arrive tout de suite. On est inquiets ».

Des délais qui pourraient doubler

Une situation qui risque en tout cas inévitablement d’allonger les délais judiciaires. Charlotte Havenith anticipe ce ralentissement : « Pour ce qui concerne les dossiers chômage, pour le moment on est sur un délai de neuf mois entre l’introduction de la demande et le moment où le dossier est plaidé devant le tribunal. On pourrait voir ce délai à doubler ».

Une inquiétude qui pourrait toutefois se dissiper dans une semaine. Le 15 janvier, la Cour constitutionnelle doit rendre sa décision sur la suspension ou non de la réforme du chômage.

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