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La réforme du chômage, qui a débuté le 1er janvier, va-t-elle réellement être efficace ? « C’est une révolution »

Par RTL info avec Martin Buxant
Depuis le 1er janvier, la réforme du chômage se met en place. D’ici le 30 juin, 24.000 personnes vont perdre leurs allocations.

La réforme du chômage est entrée en vigueur au 1er janvier et sera pleinement opérationnelle au 1er mars. Dans le RTL info 19h, Martin Buxant a détaillé le bouleversement que cela va opérer.

Une telle réforme peut-elle, en Belgique, permettre le retour au travail et lutter efficacement contre le chômage ?

C’est une révolution et cela va avoir un impact majeur, sachant qu’il y a plus de 200.000 emplois vacants en Belgique pour le moment.

Selon les estimations de la Banque Nationale Belge, à court terme, 20 % des personnes exclues du chômage vont retrouver un travail. Le gouvernement table, lui, sur 33 % soit un tiers.

Un autre tiers des chômeurs exclus sont des gens qui n’ont pas « besoin » de travailler – par exemple parce qu’ils sont multipropriétaires et le dernier tiers, ce sont des gens en décrochage total et qui, eux, vont certainement peser sur les CPAS et les revenus d’intégration sociale.

La première vague d’exclusion du chômage, qui a commencé au 1er janvier, concerne des personnes qui n’ont pas travaillé depuis plus de 20 ans, là on va certainement retrouver une plus grande proportion de gens difficiles à remettre au travail.

Mais, donc, pour répondre à la question, oui, cette réforme est un outil de lutte contre le chômage abusif.

Quel va être l’impact sur les finances publiques ?

L’impact est majeur : il tourne, selon les estimations, entre 2 et 2,5 milliards d’euros d’économies chaque année pour l’Onem. Le Budget de l’Onem est jusqu’ici d’environ 6 milliards d’euros, à terme, il va donc descendre à 3,5 milliards, une grosse économie en dépense publique… qu’il faut cependant nuancer puisque le fédéral va distribuer 400 millions d’euros chaque année aux CPAS pour compenser les services d’accompagnement aux exclus du chômage.

On estime aussi que d’autres systèmes d’allocation vont gonfler – par exemple des exclus du chômage qui vont se déporter sur l’assurance maladie, mais, l’un dans l’autre, l’impact sur les finances publiques est très important.

L’inquiétude des CPAS est-elle justifiée ?

Oui et non. Les CPAS dans les grandes villes de Wallonie et de Flandre se sont souvent organisés en amont, ils ont tenté de le faire, mais à Bruxelles, a contrario, l’absence de gouvernement empêche la coordination entre la Région et les différents CPAS.

Vous savez que ce sont les Régions qui exercent désormais la tutelle sur les CPAS, en communauté germanophone par exemple, le Forem a déjà décentralisé ses activités dans les communes pour épauler les CPAS, ça va se faire également en Wallonie.

Il faut être aux côtés des CPAS parce que c’est une réforme copernicienne et on ne peut pas les laisser se débrouiller seuls, ce qu’ils dénoncent parfois – à juste titre.

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