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Exit Cora, place à Delhaize et d’autres : l’hécatombe sociale se confirme ? Sur les 1.500 salariés licenciés, « seule une cinquantaine » aurait retrouvé un poste

Par RTLinfo avec Belga
Alors que le premier Delhaize ouvre ses portes jeudi sur un ancien site Cora, les syndicats dressent un constat social amer. De nombreux salariés n’ont en effet pas été réembauchés.

Le premier Delhaize ouvre ses portes jeudi sur un ancien site Cora. L’occasion pour les syndicats de dresser un constat qui malheureusement, ne correspond pas à leurs attentes, loin de là. Derrière les promesses de redynamisation économique, ils dénoncent un taux de réembauche marginal des anciens salariés de Cora et une dégradation des conditions d’emploi.

Si Mitiska REIM, le propriétaire des lieux, a évoqué la création de 1.400 emplois à terme sur l’ensemble des nouveaux parcs commerciaux, le taux de reclassement pour les ex-employés de Cora reste très limité. Sur les quelque 1.500 salariés licenciés par Cora, « seule une cinquantaine » aurait retrouvé un poste sur ces sites reconvertis, indique Myriam Delmée, présidente du Setca.

Pour les organisations syndicales, les projections de l’investisseur doivent être nuancées. Elisabeth Lovecchio (CNE) précise que de nombreuses enseignes prévues ne font que « se déplacer » depuis des zones voisines, comme à Hornu (Hainaut), limitant ainsi la création nette d’emplois. « On n’est pas du tout dans l’ordre de grandeur annoncé », souligne la syndicaliste.

Au-delà des chiffres, c’est la qualité de l’emploi qui préoccupe le camp syndical. Le passage du modèle intégré (hypermarché) à la franchise entraîne un basculement de commission paritaire (de la 312 à la 202.01) synonyme, selon le Setca, d’une perte de « 25 % des conditions de travail », cumulant baisse de salaire, hausse du temps de travail et horaires plus élargis, entre autres.

En outre, cette fragmentation en petites structures franchisées entraîne l’absence de représentation syndicale (commission paritaire 202.01 oblige), ce qui réduit la capacité de défense collective et modifie le cadre de la concertation sociale. Redoutant un recours massif aux étudiants et flexi-jobs au détriment des CDI, la CNE dénonce une » précarisation du commerce de détail » où « le rapport de force devient individuel », privant les salariés des acquis sociaux négociés dans les plus grandes structures.

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