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Historique ou néfaste ? Échange tendu entre le patron de la Fédération des entreprises de Belgique et le président de la FGTB au sujet de la grève

par RTL info avec Justine Sow
À la veille d’une semaine sociale explosive, où trois jours de grève sont prévus, Pieter Timmermans et Thierry Bodson ont accepté de participer à un face-à-face animé par Martin Buxant sur RTL info. Lors d’un débat par moments électrique, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique et le président de la FGTB ont détaillé leur vision radicalement opposée de l’intérêt de la grève.

De mémoire de syndicaliste, on a rarement vu pareille contestation sociale en Belgique. « Ce mouvement est historique, considère Thierry Bodson, président de la FGTB, le syndicat socialiste. Ça fait onze mois que les travailleurs manifestent. Dans la rue, il y a des magistrats, des professeurs, le secteur non marchand, les services publics… ».

Le président de la FGTB souligne l’aspect massif de la contestation, rappelant que « 140.000 personnes étaient présentes lors de la manifestation du 14 octobre », mais déplore ce qu’il considère être de l’indifférence de la part gouvernement. « Le lendemain, nous avons écrit pour être reçus par le Premier ministre et nous n’avons même pas reçu d’accusé de réception. Que voulez-vous que nous fassions à part passer à la vitesse supérieure ? ».

Pour le patron des patrons, cette grève est néfaste

Ces trois jours de grève sont au contraire perçus négativement par Pieter Timmermans, qui n’en voit pas l’utilité. « On n’aide pas un bateau qui prend l’eau en perçant de nouveaux trous dans la coque, rétorque le patron de la Fédération des entreprises de Belgique. Faire grève aujourd’hui nuit à l’emploi et nuit à notre crédibilité ».

Se mettre autour de la table ? « Et pour quoi faire ? »

Pieter Timmermans préférerait que les syndicats s’asseyent à la table des négociations pour discuter plutôt que de mener leur combat dans la rue. « Se mettre autour de la table pour faire quoi ? », lui oppose Thierry Bodson, pour qui le gouvernement a décidé de façon unilatérale de la flexibilité des emplois, du blocage des salaires et de la réforme des pensions. « On l’a fait deux fois, contredit Pieter Timmermans. On a signé deux fois un accord avec vous et deux fois il a été respecté ».

Selon la FGTB, faire grève permet de faire pression sur le gouvernement pour qu’il fasse « marche arrière ». « Il faut qu’il revienne en arrière sur toutes les réformes qui sont en train d’être décidées ou qui ont été décidées », considère Thierry Bodson.

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