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De mémoire de syndicaliste, on a rarement vu pareille contestation sociale en Belgique. « Ce mouvement est historique, considère Thierry Bodson, président de la FGTB, le syndicat socialiste. Ça fait onze mois que les travailleurs manifestent. Dans la rue, il y a des magistrats, des professeurs, le secteur non marchand, les services publics… ».
Le président de la FGTB souligne l’aspect massif de la contestation, rappelant que « 140.000 personnes étaient présentes lors de la manifestation du 14 octobre », mais déplore ce qu’il considère être de l’indifférence de la part gouvernement. « Le lendemain, nous avons écrit pour être reçus par le Premier ministre et nous n’avons même pas reçu d’accusé de réception. Que voulez-vous que nous fassions à part passer à la vitesse supérieure ? ».
Pour le patron des patrons, cette grève est néfaste
Ces trois jours de grève sont au contraire perçus négativement par Pieter Timmermans, qui n’en voit pas l’utilité. « On n’aide pas un bateau qui prend l’eau en perçant de nouveaux trous dans la coque, rétorque le patron de la Fédération des entreprises de Belgique. Faire grève aujourd’hui nuit à l’emploi et nuit à notre crédibilité ».
Se mettre autour de la table ? « Et pour quoi faire ? »
Pieter Timmermans préférerait que les syndicats s’asseyent à la table des négociations pour discuter plutôt que de mener leur combat dans la rue. « Se mettre autour de la table pour faire quoi ? », lui oppose Thierry Bodson, pour qui le gouvernement a décidé de façon unilatérale de la flexibilité des emplois, du blocage des salaires et de la réforme des pensions. « On l’a fait deux fois, contredit Pieter Timmermans. On a signé deux fois un accord avec vous et deux fois il a été respecté ».
Selon la FGTB, faire grève permet de faire pression sur le gouvernement pour qu’il fasse « marche arrière ». « Il faut qu’il revienne en arrière sur toutes les réformes qui sont en train d’être décidées ou qui ont été décidées », considère Thierry Bodson.

















