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Les amateurs de chocolats de Pâques pourraient être surpris en croquant dans les petits œufs Milka cette année. À l’intérieur, la garniture ne va plus jusqu’au bord. Un espace d’environ un demi-centimètre d’air est désormais présent dans chaque œuf. Après vérification, ce changement concerne l’ensemble de la production : chocolat au lait, blanc, noisette et autres variantes. Les paquets aussi ont évolué. Les sachets de 100 grammes affichent désormais 81 grammes.

Si le prix en rayon semble légèrement inférieur – 2,59 euros contre 2,85 euros auparavant – le coût au kilo a en réalité augmenté de 12 %. Résultat : moins de produit, plus d’air, et un prix proportionnellement plus élevé.
Une production centralisée en Pologne
Milka explique cette modification par un choix industriel. La production des œufs de Pâques et des pralines a été centralisée dans une seule unité située en Pologne, alors qu’elle était auparavant assurée à Herentals, en province d’Anvers.
Dans un communiqué, l’entreprise précise : « Cette usine utilise une autre ligne de production ainsi qu’une technologie de fabrication différente, ce qui entraîne une structure de produit adaptée. Nous comprenons que cela puisse susciter des questions. Toutefois, la composition intérieure ainsi que le goût des œufs sont restés identiques. »
Une pratique légale mais contestée
Cette pratique rappelle un phénomène bien connu : la shrinkflation, qui consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant son prix. La démarche de Milka reste légale, explique Pierre-Alexandre Billiet, directeur de Gondola et spécialiste de la grande distribution : « Un fournisseur a le droit de changer sa composition, sa stratégie, la couleur de son emballage… pour peu que ce soit clairement communiqué au consommateur. Il semble que ce soit le cas ici. »
Cela finit par nuire à la qualité et à la confiance des consommateurs
Il n’est pas question de « triche », selon lui. Il émet toutefois un doute sur l’argument du goût inchangé : « Ça c’est absolument subjectif, c’est vrai qu’avec moins de fourrage, ça risque probablement de ne pas être le cas. » Pour le spécialiste, cette évolution reflète une tendance plus large : « Les multinationales cherchent à réduire les coûts tout en préservant leurs marges. Mais cela finit par nuire à la qualité et à la confiance des consommateurs. »
« Je sais qu’ils trichent »
Vous êtes nombreux à nous avoir contactés à ce sujet via le bouton orange Alertez-nous. Dans les rayons, les réactions ne tardent pas. Zélie, étudiante, constate après dégustation : « J’ai beaucoup de chocolat dans la bouche mais pas vraiment beaucoup de garniture. » Même impression pour Maéli : « Ce n’est pas mauvais mais on voit, en effet, qu’il y a un énorme creux et qu’il manque du fourrage, c’est un peu décevant. »
France, une consommatrice plus âgée, se montre moins surprise : « C’est la tendance actuelle, moi je regarde toujours le prix au kilo. Je sais qu’ils trichent, c’est comme ça. »
Chaque année, Milka produit environ 300 millions d’œufs de Pâques, dont près de la moitié est destinée au marché belge.
















