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C’est dans un restaurant de Cape Town, capitale de l’Afrique du Sud, que Juliette Bryant rencontre pour la première fois Jeffrey Epstein, en compagnie de Bill Clinton, ancien président américain. La jeune sud-africaine de 20 ans étudie alors à l’université et vient de se faire recruter en tant que mannequin. Le milliardaire lui promet une carrière aux États-Unis.
« J’avais l’impression que tous mes rêves se réalisaient car ma famille se battait financièrement et je voulais vraiment la soutenir », témoigne Juliette.
« J’ai paniqué »
Trois semaines plus tard, la jeune femme embarque pour New York. À peine arrivée sur place, elle est transférée vers l’île des Caraïbes. Assis dans le jet privé, les femmes qui l’ont recrutée ainsi que Jeffrey Epstein. « On avait à peine décollé qu’il a commencé à me toucher de force entre les jambes », se souvient-elle à propos de cet épisode.
« J’ai paniqué et j’ai soudain réalisé, ‘oh mon Dieu, ma famille ne me reverra plus, ces gens pourraient me tuer’. Les femmes riaient, j’étais vraiment pétrifiée. Et j’ai compris que je devais juste être gentille et sympa parce que j’ai réalisé que j’étais en grand danger », confie-t-elle.
Deux années aux côtés d’Epstein
Juliette passe ensuite deux ans aux côtés du prédateur. Elle doit le suivre dans ses nombreuses propriétés. Jeffrey Epstein la viole à de multiples reprises. « Je le voyais matin, midi et soir, au repas, puis il m’appelait dans sa chambre. Sinon je ne le voyais pas beaucoup, il était toujours en train de travailler », déclare-t-elle.
« J’ai passé beaucoup de temps seule au bord de la piscine, je lisais des livres. J’ai aussi trouvé des appareils photo jetables dans la cuisine et je prenais des photos ici à New York et là dans le ranch du Nouveau-Mexique », décrit Juliette.
Des échanges jusqu’en 2017
La jeune femme dit ne pas avoir été livrée à d’autres hommes. En revanche, elle révèle avoir croisé des filles, dont des mineures, venant du Brésil, de Roumanie, de France et d’Espagne.
Juliette a continué d’échanger avec Epstein jusqu’en 2017, « une véritable emprise psychologique », dit-elle. « J’avais l’impression d’avoir des menottes invisibles. Je n’en avais même jamais parlé à ma famille ni à personne jusqu’à sa mort. »
Près de 23 ans plus tard, « la guérison est lente », confie Juliette.

















