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La panne de gaz à Mons soulève l’inquiétude des experts : une telle situation pourrait-elle se produire ailleurs en Belgique ? « On est à un point critique »

par RTL info avec Benjamin Samyn et Amandine Payen
La gigantesque panne de gaz à Mons est due à un problème technique qui a mis plusieurs cabines de distribution en mode sécurité. Une situation qui soulève deux questions importantes : nos réseaux de distribution de gaz sont-ils vulnérables ? Et une telle situation pourrait-elle se produire ailleurs en Belgique ?

Lorsque la chaudière est hors service, il faut utiliser des techniques d’un autre temps pour avoir un peu d’eau chaude comme l’a montré la panne de gaz qui sévit à Mons depuis la semaine passée. Betty fait partie des nombreux Montois privés d’accès au gaz. Elle s’est retrouvée à devoir remplir des casseroles pour toute la famille.

« On a dû improviser, donc on avait des casseroles, on avait une plaque à induction. On a aussi dû à 6 heures matin, se lever, chauffer l’eau, remplir les casseroles, pour que les enfants puissent se débarbouiller et nous aussi », témoigne l’habitante.

Dépendance au réseau de gaz

Une situation qui illustre la dépendance de nombreux ménages au réseau de gaz. L’incident montois inquiète plus généralement Damien Ernst, professeur et spécialiste des questions énergétiques à l’Université de Liège.

« Le réseau de gaz est ancien et plus personne ne veut investir dans le réseau de gaz puisqu’il y a une volonté au niveau européen de ne plus brûler du gaz dans le futur. Le réseau de gaz va donc devenir de plus en plus vétuste en Belgique et dans les autres pays européens et on sait très bien que quand un réseau est plus vétuste, le risque de panne est beaucoup plus élevé. Donc voilà, effectivement, je pense que ça risque de se reproduire dans le futur », alerte-t-il.

« Ça reste une situation exceptionnelle »

Du côté du gestionnaire de réseau Ores, on sait désormais que l’incident est lié à une pièce défaillante dans une cabine de régulation.

« Nous passons dans chaque cabine tous les deux ans, donc c’est quelque chose qu’on suit à la lettre. On a des équipes qui sont dédiées à la maintenance aussi du réseau, donc ça reste une situation exceptionnelle », affirme Annabel Vanbéver, porte-parole du gestionnaire de réseau Ores.

Mais la porte-parole nuance ses propos : « Maintenant, on ne connaît pas beaucoup d’entreprises qui ont 100 % de services, 100 % du temps, donc le risque est faible, mais il y a toujours un risque. »

Un autre type de dépendance

On constate la même dépendance des ménages par rapport au réseau électrique, avec cette fois-ci une autre problématique : celle de la saturation des structures qui ne sont plus dimensionnées pour absorber l’explosion des demandes. Une situation qui nécessite également des investissements.

« On est effectivement à un point critique où il est grand temps d’ouvrir les yeux et de prendre les bonnes décisions pour permettre demain de faire face aux défis qui seront devant nous. Ces décisions sont des investissements nécessaires à l’amélioration du réseau, son renforcement et sa meilleure efficacité », insiste Michaël Bayet, ingénieur-conseil.

D’après les experts, la sécurité des différents réseaux de distribution doit également être renforcée en cas d’attaque venant de l’extérieur.

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