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Invité de Signatures dans le RTL info 19h, Aurélien Holvoet a répondu mardi soir aux questions de Luc Gilson et Christophe Deborsu. L’agriculteur d’Ath a fait beaucoup parler de lui pour avoir déversé entre 15 et 20 tonnes de pommes de terre sur la Grand-Place de Bruxelles pour dénoncer la situation du monde agricole et l’accord entre l’Europe et le Mercosur. Une opération loin d’être évidente dans la pratique.
« On a eu beaucoup de réussite, on a eu beaucoup de chance », confie-t-il. « Avec mon épouse, trois heures avant, on s’est demandé comment, à notre manière, on pouvait soutenir les collègues qui dormaient dans leurs tracteurs sous la neige. »
Le couple parvient à atteindre le cœur de la capitale malgré les plots et les rues étroites. « On a eu la bonne rue au bon moment », raconte Aurélien Holvoet, avant d’ajouter : « C’était dangereux, mais on a fait attention à ne pas créer d’accident. »
Une action spectaculaire… et lourde de conséquences
L’image de la Grand-Place recouverte de pommes de terre a fait le tour des réseaux sociaux. Mais pour Aurélien Holvoet, la scène a eu des suites concrètes. Interpellé peu après son geste, il a passé « plus de 24 heures » en garde à vue.
« Les faits sont ce qu’ils sont », assume-t-il. « J’ai à mon égard seize infractions pénales : des infractions graves à la circulation routière, le déversement de déchets, et une pollution environnementale. »
Son tracteur et sa benne ont été saisis par la police et il devra payer plus de 2 600 euros de frais de remorquage.
Une demande de grâce royale
Malgré ces poursuites, Aurélien Holvoet veut donner une dimension plus symbolique à son geste. Accompagné de son épouse, il s’est rendu lundi au palais royal pour remettre un sac de pommes de terre « pour faire des frites » à Sa Majesté et lui demander une grâce royale.
« On a envoyé un mail via le formulaire officiel. La police du Palais nous a très bien reçus. Ils ont accepté le cadeau pour le roi », explique-t-il sur RTL info.
Le roi n’a pas rencontré personnellement le couple, mais leur demande a été transmise. « Je sais qu’il a un agenda très chargé », concède Aurélien Holvoet, qui reste admiratif : « Le roi a un rôle de neutralité. Il est à l’écoute de ses concitoyens. »
Un mal-être agricole en toile de fond
Derrière cette initiative, c’est surtout la détresse du monde agricole que l’agriculteur souhaite mettre en avant : « Notre profession, est l’une des plus touchées par les suicides », rappelle-t-il.

















