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La Wallonie s’apprête à jouer un rôle clé dans la filière écologique du recyclage aéronautique grâce à un projet pilote niché à Châtelet. Ce centre innovant se consacre au démantèlement des avions arrivés en fin de vie, qu’ils soient civils ou militaires, avec pour objectif de revaloriser au maximum leurs matériaux. Cette initiative ne se limite pas à un simple enjeu environnemental : elle s’inscrit également dans une dynamique économique prometteuse pour la région.
L’industrie aéronautique fait face à une pénurie notable de certaines pièces détachées, ce qui immobilise des avions et retarde les productions. Comme l’expliquent les experts : « Vous avez des avions qui sont au sol aujourd’hui simplement parce qu’ils n’ont pas les pièces nécessaires pour pouvoir fonctionner », explique Alain D’Oultremont, directeur de la stratégie pour Sabena Engineering. Ce projet wallon se propose donc de récupérer des pièces essentielles, telles que les moteurs ou le train d’atterrissage, de les certifier et de les remettre sur le marché de seconde main. Il ambitionne de fournir des solutions viables et durables à cette crise des pièces détachées.
Valoriser plus de 90 %
Chaque phase du processus de recyclage est pensée pour maximiser l’efficacité tout en réduisant l’impact environnemental. Tout commence par une dépollution complète : les fluides des avions sont retirés et traités conformément aux normes en vigueur. Par la suite, les pièces réutilisables sont identifiées, réparées et parfois recertifiées. Le centre de Châtelet vise à valoriser plus de 90 % des matériaux, en mettant l’accent sur les métaux comme l’aluminium, essentiel à l’aéronautique. « On retrouve ici par exemple de l’aluminium. En termes de masse, c’est l’élément le prépondérant. Et donc vous voyez qu’on va permettre, via le tri, de ressortir cette qualité d’aluminium directement valorisable », dévoile Grégory Lewis, directeur de l’innovation chez Comet Group.
Certaines pièces particulièrement complexes ou résistantes, telles que celles incluant le train d’atterrissage, font l’objet de recherches complémentaires. Leur composition et leur solidité impliquent des approches spécifiques, mêlant technologies avancées et techniques manuelles. Ainsi, l’équipe travaille activement à identifier les meilleurs moyens de valoriser ces éléments dans un cadre industrialisé et durable.
Des centaines d’emplois créés
Le projet nécessite un investissement conséquent de 50 millions d’euros, témoignage de l’importance de cette ambition pour la région. Une fois pleinement opérationnel, prévu à l’horizon 2028, le site de Châtelet sera apte à traiter entre 30 et 40 avions par an. Ce développement devrait également créer près d’une centaine d’emplois locaux, offrant ainsi une double opportunité : écologique et sociale. Le projet met en avant une économie circulaire novatrice, en phase avec les enjeux contemporains de l’industrie aéronautique et de la transition écologique.
















