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« C’est mon tout dernier spectacle, j’arrête. Alors faisons le spectacle et mourons après » a déclamé sur scène l’humoriste. Il a choisi la Belgique pour mettre fin à 60 ans de carrière. C’est au centre culturel d’Auderghem que Popeck est entré dans la lumière pour la dernière fois.
« J’ai débuté par ici il y a très longtemps. J’y ai joué des pièces, des one man shows », dit-il à propos de la Belgique. « C’est pour moi un enterrement, c’est le dernier jour, c’est mon tout dernier spectacle. J’arrête, j’abandonne parce que le corps me dit d’arrêter. J’ai 91 ans bientôt. Un homme de 91 ans sur une scène avec un one man show, c’est un fou. Eh bien je suis fou », confie Popeck.
Entre fragilité, tendresse et détermination
Derrière cette apparente fragilité doublée d’une détermination, se révèle un humoriste à la fois tendre et corrosif. « Je vous demande juste une minute. Le temps de me rappeler pourquoi je suis là », dit-il notamment lors de ce dernier spectacle, faisant instantanément rire la foule des spectateurs.
S’il est toujours là, c’est parce qu’il fait partie du patrimoine humoristique français, à l’instar de Raymond Devos, ou encore de Fernand Raynaud. De son vrai nom Judka, signifiant « petit juif », l’artiste s’est construit un personnage emblématique, reconnaissable à son ironie pince-sans-rire, sa dérision, et sa tendresse teintée de références à ses origines juives. Sur scène, l’homme se pare de son accent yiddish, de son indémodable costume trois-pièces, et de son indissociable chapeau melon.
Une page d’histoire qui se tourne
« Il fait un temps où personne n’avait le droit de toucher à son costume. Son chapeau a été bouffé par les mites, il a un trou, mais chut il ne faut pas le dire. C’est le même depuis toujours », confie Anne, l’épouse de Popeck. Pour elle aussi, c’est une page d’histoire qui se tourne : « Je me dis que je vais peut-être pouvoir me reposer maintenant. »
Je suis une bête de scène, c’est tout
L’humoriste se définit comme une « bête de scène » : « Je viens de la couche populaire et c’est peut-être ça qui m’a aidé à comprendre le public très tôt. Et puis, je ne sais pas faire autre chose. Je suis une bête de scène, c’est tout. En dehors de la scène, je ne suis rien. »
Humoriste, mais pas que
Au cinéma, Popeck incarne un personnage proche de celui qu’il joue sur scène, un rôle qui inspire un certain Louis de Funès. « On s’entendait bien (avec de Funès). C’était quelqu’un que j’aimais beaucoup. C’était un piqueur, comme tous les comiques. Donc, il me piquait mon accent », se souvient-il.
Lorsqu’on le questionne sur son métier, l’humoriste français est clair : « La présence, ça ne s’explique pas. C’est alchimique. On est né avec. On est comique, on est drôle ou on ne l’est pas. On l’est de naissance. On ne travaille pas le comique. »
Un adieu émouvant
« Dans n’importe quel métier, on est heureux d’arrêter pour prendre sa retraite. Mais pas chez les artistes. Un artiste qui arrête, c’est parce qu’il n’a plus de lumière, il est mort. Il n’a plus de public, il est mort. C’est comme une marionnette », affirme Popeck. « Ça va être très dur pour ma femme. Je vais lui rendre la vie impossible. Et puis, voilà, ce sera comme ça. »
Zidani, humoriste, a assisté à ce dernier spectacle en Belgique : « J’ai assisté ce soir à un spectacle de stand-up, comme le ferait un plus jeune, avec sa belle énergie. C’était particulièrement émouvant. »
Avec un peu d’amertume, Popeck a fait ses adieux au public, qu’il n’a jamais cessé de respecter. « Ce n’est jamais la faute du public quand ça ne marche pas. C’est la faute de l’artiste, il faut bien se dire ça. »

















