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Ces événements, ces actions autour du fait de ne pas boire d’alcool, ça fonctionne quand même non ?
Oui, ça fonctionne. Vous verrez que dans quelques semaines, il y aura plus d’un million et demi de personnes qui feront la tournée minérale. Et donc c’est positif, c’est émulatif, on fait ça en groupe et donc ça fonctionne bien. Et en plus, ça a des effets bénéfiques.
Est-ce que vous pouvez nous donner quelques chiffres pour contextualiser ? Est-il vrai que les trois quarts des citoyens belges consomment de l’alcool ?
Oui, 77 % des Belges consomment de l’alcool au moins occasionnellement. Il y a 10 % des Belges qui ont une surconsommation, c’est-à-dire une consommation un peu problématique. Et il y a 7 % des Belges qui sont alcoolodépendants et là c’est effectivement un peu plus problématique puisque ces mois sans alcool, c’est quelque chose qu’on ne fait pas dans ce cas-là. L’alcool touche aussi beaucoup les jeunes. C’est la première cause d’accident de mort pour les 15-29 ans et c’est en réalité la deuxième cause d’accident, de cause évitable de décès en Belgique.
Concentrons-nous sur les effets positifs d’une pause sans alcool : quels sont les premiers bienfaits qu’on constate ?
Oui, on a vraiment des effets très rapides sur le sommeil par exemple. Alors on pense qu’en buvant une Chimay bleue avant d’aller se coucher, on va mieux dormir. Certes, vous allez bien vous endormir, mais en réalité votre sommeil paradoxal va être entaché, vous allez ronfler plus, faire des apnées. Donc le zéro alcool c’est justement un meilleur sommeil, moins de ronflements, moins d’apnées, plus de sommeil paradoxal et donc c’est hyper positif.
Et qu’en est-il des effets sur l’humeur et la santé mentale ? Parfois les questions d’alcool sont aussi liées à des questions de santé mentale ou de mal-être, mais vous, vous dites que c’est l’inverse ?
Quand on se désintoxique un petit peu, même si on ne consomme de l’alcool que tous les week-ends et que tous les week-ends on se met la tête à l’envers, forcément ça a un impact. Et donc on va voir qu’avec cette désintoxication, on va avoir une meilleure humeur, moins de syndromes dépressifs. Et globalement on va se sentir mieux, on aura plus d’énergie, plus de mémoire, plus de concentration. Mais aussi plus de contrôle, ce qui est bénéfique.
Il y a aussi la question du foie, qu’on abîme avec l’alcool, parfois même à petite dose. Cette pause va-t-elle lui permettre de se régénérer ?
Bien sûr, le foie est capital dans votre organisme. Il faut quand même rappeler que l’OMS dit que la première goutte d’alcool est déjà nocive et recommande maximum deux doses d’alcool, donc deux verres de bière ou deux verres de vin, 5 jours par semaine avec 2 jours de pause. Vous allez voir qu’on va très très vite voir les effets de la pause sur le foie, mais aussi sur l’estomac puisque l’alcool irrite et peut provoquer des gastrites.
L’alcool est calorique aussi ?
C’est vrai qu’on l’oublie souvent. Arrêter de boire de l’alcool va aussi avoir une influence sur la perte de poids. Alors on ne va pas perdre 10 kilos mais effectivement l’alcool est calorique. Alors imaginez si vous mangez une choucroute avec 10 verres de vin blanc, toutes les calories que vous allez absorber. Alors attention, on ne perd pas 10 kilos en un mois, soyons clairs, mais un ou deux kilos oui, puisqu’on a moins de sensations de faim et que finalement on a moins d’apport calorique.
Il y a aussi la question de la meilleure mine, de la baisse de la pression artérielle. Mais ce genre de pause, est-ce que ce n’est pas aussi l’occasion de se remettre en question par rapport à nos comportements ?
Ça ne fait jamais de mal de se poser des questions. Il y a quelques années, quand on disait à quelqu’un « je t’offre un verre », on disait surtout « je t’offre un verre d’alcool et si tu prends un soft, tu es un peu nul donc je ne te l’offre pas ». Mais aujourd’hui, on a un peu inversé cette tendance et donc ça c’est intéressant, on se rend compte qu’on peut s’amuser sans alcool. Mais on se rend compte aussi qu’on fait des économies. Et puis, il y a moins d’accidents. Quand on peut s’amuser à plusieurs sans alcool, on se dit finalement est-ce que j’en ai vraiment besoin toutes les semaines pour m’amuser ? Moi je vous le dis franchement, je fais les deux mois d’affilée et je consomme très modérément le reste du temps, et je m’amuse quand même comme une folle tous les week-ends donc ce n’est pas un problème.
Attention, lorsqu’on a une consommation problématique d’alcool, c’est-à-dire une alcoolodépendance, il ne faut surtout pas arrêter du jour au lendemain, car cela peut être dangereux pour votre santé. Il faut se faire accompagner par un professionnel de la santé.
















