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En Belgique, il y a à peu près 350.000 voitures électriques, des installations de pompes à chaleur qui ne font que d’augmenter et des data centers qui consomment énormément d’énergie. Tout cela mis bout à bout fait que cela pourrait provoquer une vague géante de sous-tensions, avec des conséquences directes pour les ménages. « Par exemple, une pompe à chaleur qui s’arrête, plus de chauffage dans la maison, les bornes de recharge à domicile continuent de fonctionner, mais elles aggravent le problème. Il y a une conséquence pour tout le monde, sur chaque appareil qui consomme beaucoup. », explique Annabel Vanbever, porte-parole du gestionnaire de distribution Ores.
Pour pallier ce problème, Ores investit massivement afin de moderniser le réseau électrique. « L’investissement, c’est la colonne vertébrale du système. Ores a un plan d’investissement entre 2025 et 2026 à hauteur de 2.1 milliards d’euros », dévoile la porte-parole.
Un problème qui touche aussi les professionnels
Ce problème dépasse les particuliers. Il freine le développement économique de la Wallonie avec des entreprises qui ne peuvent pas être raccordées au réseau. Exemple avec ce club de padel à Namur. « C’était un permis que l’on avait reçu, on avait toutes les autorisations, et deux semaines avant l’ouverture du bâtiment, on a reçu la mauvaise nouvelle », détaille Frédéric Gautier, directeur du Tero Padel Club Namur.
Pour pouvoir ouvrir son club et le faire fonctionner, Frédéric utilise un générateur au diesel. « Produire de l’électricité avec du diesel, ça coûte cher, et cela a de nombreuses contraintes », insiste-t-il.
Un parc économique à l’arrêt
Le club de padel n’est pas un cas isolé, à Flémalle, c’est un parc d’activités économiques entier qui est à l’arrêt. 35 sociétés et 400 emplois sont donc gelés. « On a entamé les travaux d’équipement il y a 18 mois. C’est 10 millions d’euros de fonds public qui ont été investis. Aujourd’hui, les entreprises ne peuvent pas s’installer ici », déplore Catherine Colette, directrice de l’agence de développement territorial de la province de Liège.
Selon les gestionnaires des réseaux, la Belgique dispose d’assez d’électricité. Mais notre pays est confronté à un problème de puissance face à un afflux massif des demandes. Un scénario qui est complètement inattendu. « Ce n’est pas un problème au niveau de l’approvisionnement en électricité. Si les réseaux peuvent prendre en charge une grosse majorité des projets, l’encombrement crée une file d’attente », souligne Jean Fassiaux, porte-parole du gestionnaire de transport Elia.
L’encombrement crée une file d’attente
« Nous avions prévu une augmentation de l’ordre de 50 % d’énergie supplémentaire, mais la demande de raccordement est largement supérieure à ce que nous avions tous prévu. C’est un problème européen », explique Gil Simon, directeur du gestionnaire de distribution en région liégeoise Resa.
Une flexibilité demandée
Une nouvelle solution a été possible grâce à un décret wallon, celui des heures creuses. À Nivelles, un transporteur s’engage à recharger ses bus Keolis la nuit. Luc, un habitant de Lasne possède une voiture électrique et profite de ces nouvelles heures creuses pour recharger son véhicule. «C’est un cadeau pour le portefeuille», annonce Luc. Il programme également son lave-linge pour que ce dernier tourne dans les heures creuses.
Face à cette réalité, les gestionnaires l’admettent. Dans les années à venir, le coût de la distribution de l’électricité va augmenter.

















