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« Aucun régime de l’histoire moderne ne s’est effondré uniquement parce qu’il a été bombardé depuis les airs » : cette affirmation a été théorisée par un chercheur américain, Robert Pape, auteur d’un essai intitulé Pourquoi les bombes détruisent les bâtiments et non les régimes.
Les exemples sont nombreux. Ainsi, au moment de la crise du Kosovo, en 1999, l’Otan avait mené une campagne de 78 jours de bombardements contre les Serbes, les forçant à se retirer de la province. Mais le régime de Milosevic n’est tombé que plus tard, à la suite d’un soulèvement, en octobre 2000, au cours duquel des milliers de personnes ont envahi les rues de Belgrade…
Engager des troupes au sol
En Libye, à la suite d’une révolte contre le régime de Kadhafi, l’OTAN a commencé à bombarder le pays le 17 mars 2011. Or le colonel n’a été capturé et exécuté que sept mois plus tard, le 20 octobre. À la suite d’une frappe aérienne, certes, mais par des troupes rebelles au sol, des soldats formés et assistés par des forces spéciales occidentales déployées sur le terrain pendant des semaines.
Quant au Hezbollah, basé au sud Liban, Israël se prépare à une nouvelle incursion terrestre pour essayer de l’anéantir. Ses bombardements réguliers depuis 20 ans n’ont pas suffi.
Le problème de Donald Trump est qu’il s’est fait élire sur la promesse que les États-Unis ne s’engageraient plus dans une guerre sans fin. D’ailleurs, tous les sondages démontrent que son électorat est majoritairement hostile à l’opération contre l’Iran. Donc, même s’il laisse planer le doute, il n’a pas l’intention d’engager des troupes au sol, au risque de voir revenir des linceuls.
Provoquer une guerre civile entre milices
L’idée serait donc d’armer des groupes dissidents et de créer une sorte de guerre civile qui aboutirait au renversement des mollahs.
L’Iran est composé de nombreuses ethnies : les Perses ne représentent que 61 % de la population. Il y a notamment des Azéris, des Baloutches, des Arabes et des Kurdes… qui sont neuf millions rien qu’en Iran.
Ce peuple, réparti sur plusieurs pays, cherche depuis la fin de la Première Guerre mondiale à se construire un État. Il y est presque parvenu en Irak, où il dispose d’une zone autonome. Ces Kurdes d’Irak pourraient donc franchir la frontière et se joindre à leurs frères iraniens.
Mais pour l’instant, les Kurdes d’Iran n’ont pas de force armée. Il faudrait des mois aux Américains – c’est-à-dire à la CIA – pour en constituer une. Tout cela reste donc très théorique. Et, en attendant, les gardiens de la révolution, qui cadenassent la population iranienne, sont, eux… bien réels.















