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Lorsqu’un organe est prélevé, le temps devient un facteur crucial. Une équipe démarre pour aller chercher celui-ci tandis qu’au bloc opératoire, on se prépare à 8 heures d’opération.
Sur la route, il n’y a aucune limitation de vitesse pour le véhicule prioritaire qui doit acheminer le foie à temps. « On parle de minutes ou d’heures en fonction des différents organes », explique Fanny Sinte, coordinatrice de transplantation au CHU de Liège, présente dans le véhicule. Les transplantations peuvent concerner les poumons, le cœur, les reins, le foie, le pancréas ou les intestins, mais les greffes les plus courantes restent celles des reins et du foie. « Le cœur est la procédure qui nécessite d’être la plus rapide. Les reins peuvent attendre plus longtemps », précise-t-elle.
Au bloc opératoire, en attendant le nouvel organe, il faut retirer l’ancien. Une dizaine de personnes sont autour du patient. Le cœur peut être reçu jusqu’à 65 ans, 70 ans pour les reins et 75 ans pour le foie. « Les patients plus jeunes ont plus de résistance et ont plus de chances de succès que quelqu’un plus âgé », explique Olivier Detry, chirurgien au CHU de Liège. Mais globalement, « tous les patients sont sélectionnés et peuvent être transplantés. Même à 70 ans, on transplante régulièrement. »
Plongés dans du liquide de conservation, déplacés réfrigérés puis nettoyés avant l’opération
L’équipe de prélèvement d’organes est de retour à l’hôpital avec plusieurs boîtes réfrigérées contenant plusieurs organes qui seront utilisés ce jour-là. « Ils ont été flushés avec du liquide de conservation. Ils sont emballés stérilement avec un triple emballage par sécurité. Ils sont dans de la glace. Le but du jeu, c’est de maintenir au moins à 4 degrés », détaille Fanny Sinte, qui dispatche directement les organes amenés : « Celui-là, c’est pour la salle des urgences. Celui-là et le foie, c’est pour la salle 6. »
Il faut compter une heure pour préparer le nouvel organe à la transplantation. Le foie va être entièrement nettoyé. « Le foie a été sorti le plus vite possible pour qu’il souffre le moins possible du manque d’oxygène », explique Morgan Vandermeulen, chirurgien au CHU de Liège qui s’occupe du nettoyage de l’organe. « Il reste pas mal de tissu autour du foie à nettoyer. Ici, c’est le diaphragme qu’on est en train de décrocher du foie », montre-t-il.
La Belgique collabore avec 7 autres pays européens
Le transport d’organes s’effectue par route ou par voie aérienne, via hélicoptère, avion privé ou même des vols commerciaux, en soute ou en cabine, sans que les passagers en aient conscience. « Eurotransplant est l’organisme qui s’occupe de l’allocation des organes. Ce sont 8 pays d’Europe qui collaborent ensemble », détaille la coordinatrice. Outre la Belgique, on retrouve dans cet organisme les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Slovénie et la Croatie. « Le matching de donneurs et de receveurs est fait par Eurotransplant et donc les organes peuvent être alloués à l’étranger et venir de l’étranger pour nos receveurs », précise-t-elle.
Pendant ce temps, au bloc opératoire, tout semble se passer pour le mieux : « Le foie s’est recoloré avec sa couleur naturelle ».
Les donneurs sont de plus en plus nombreux
Comme globalement en Belgique, le CHU de Liège a enregistré une activité record l’an dernier avec 83 organes prélevés et 141 greffes réalisées. Si les délais sont encore de plusieurs années pour certains organes, le nombre de greffes ne cesse d’augmenter. Olivier Detry en explique la raison : « Ce sont les donneurs qui sont de plus en plus nombreux, car on les détecte de plus en plus. Les familles sont de plus en plus d’accord pour le prélèvement ou de plus en plus de Belges ont été sur le registre national du don d’organes dire que si jamais malheureusement ils étaient en état de donner leurs organes, ils étaient d’accord. »
La Belgique figure aujourd’hui parmi les pays les plus performants au monde en matière de prélèvement d’organes.
















