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Depuis ce week-end, les fournisseurs de mazout font face à une forte hausse des demandes en Belgique. En cause: l’instabilité géopolitique, qui pousse de nombreux ménages à remplir leur cuve par crainte d’une nouvelle flambée des prix.
Mais attention: si vous commandez du mazout aujourd’hui, le prix payé à la livraison pourrait être différent de celui affiché au moment de la commande.
Un prix maximal fixé chaque jour par l’État
En Belgique, le prix du mazout est encadré par l’État. Chaque jour, le SPF Économie fixe un prix maximal au litre que les distributeurs ne peuvent pas dépasser.
Lorsque vous passez commande sur une plateforme ou auprès d’un fournisseur, le prix indiqué correspond généralement au tarif du jour. Mais cela ne signifie pas toujours que ce sera celui appliqué lors de la livraison.
Tout dépend des stocks du fournisseur
La raison est simple: tous les distributeurs ne disposent pas forcément de stocks importants.
Certains fournisseurs achètent leur mazout uniquement au moment de la livraison. Le prix auquel ils se procurent le combustible peut alors être plus élevé ou plus bas que celui affiché au moment de votre commande, parfois passée plusieurs jours auparavant.
Dans ce cas, les détaillants doivent adapter le prix facturé au client. Sans cela, ils risqueraient de vendre à perte.
Pour les consommateurs, cela représente évidemment une part d’incertitude. Mais la variation peut aussi jouer en leur faveur si les prix ont baissé entre-temps.
Est-ce légal?
Cette pratique est bien légale, à condition que le contrat le prévoie.
Dans la majorité des cas, les conditions de vente indiquent que le prix peut être modifié en fonction de l’évolution des prix maxima fixés par l’État. Plus le délai entre la commande et la livraison est long, plus le risque de différence de prix augmente.
En revanche, si un prix fixe est garanti lors de la commande, le fournisseur doit le respecter au moment de la livraison. Certains grands acteurs peuvent se le permettre en achetant le mazout au moment même où ils le vendent, ce qui limite les pertes.
Des prix sous pression à cause des tensions géopolitiques
Cette situation intervient dans un contexte international particulièrement instable. Les marchés craignent notamment une fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une grande partie du pétrole mondial.
Conséquence: le prix du mazout en Belgique a récemment atteint son plus haut niveau depuis deux ans, avec environ 95 centimes le litre pour une commande d’au moins 2.000 litres. Pour un plein, cela représente environ 240 euros de plus.
Face à ces incertitudes, certaines sociétés préfèrent ne plus garantir ni prix fixe ni date de livraison pour l’instant.
Faut-il remplir sa cuve maintenant?
Malgré la hausse des demandes depuis ce week-end, plusieurs professionnels conseillent de ne pas se précipiter.
Si vos réserves actuelles peuvent encore tenir plusieurs mois, mieux vaut parfois attendre que la situation se stabilise avant de passer commande.















